Thursday, April 3, 2025

Moise, Figure d’Intercesseur : Le Cœur de Dieu se laisse toucher. (Exode 32,7–14)

 

Chers frères et sœurs dans le Christ, Que la paix et l’amour du Christ soient avec vous !

Avez-vous déjà ressenti le poids de l’échec d’un autre ? Vous êtes-vous déjà retrouvé dans cette situation douloureuse où l’amour vous pousse à prier ardemment pour quelqu’un qui a chuté,  peut-être un enfant, un ami, un conjoint ou même toute une communauté ?

Dans la première lecture d’aujourd’hui, tirée du livre de l’Exode, nous voyons Moïse précisément dans cette position : une posture faite de douleur, de confrontation, mais aussi de profonde intercession. C’est l’un des dialogues les plus intenses de toute l’Écriture : un moment où la colère divine rencontre la supplication humaine. Mais c’est surtout un moment où se révèle le cœur de Dieu et la puissance de sa miséricorde.

La scène est saisissante. Sur la montagne, Moïse est enveloppé de la gloire divine, recevant les tables de l’Alliance. Pendant ce temps, en bas, le peuple qu’il conduit – sauvé d’Égypte par la main puissante de Dieu – s’est déjà détourné. Ils fabriquent un veau d’or et s’écrient : « Voici ton dieu, Israël ! » Alors, Dieu parle : « Descends, car ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte, s’est perverti.»

Le mot hébreu lekh red ,  « descends », est riche de sens. Il ne s’agit pas seulement d’un mouvement physique, mais d’une descente symbolique : de la communion divine vers le chaos du péché humain. Moïse est appelé à retourner dans la brèche, à se tenir entre Dieu et son peuple déchu.

Dieu déclare qu’Israël s’est « rapidement détourné »,  une expression qui souligne à quel point nos cœurs peuvent se détourner facilement lorsqu’ils perdent de vue Dieu. C’est une réalité pour chacun de nous : même après des moments d’élévation spirituelle, nous pouvons retomber dans de vieux schémas si nous ne restons pas vigilants.

« Laisse-moi faire… » :  L’invitation à intercéder.  Dieu dit alors quelque chose de surprenant : « Maintenant, laisse-moi faire : ma colère va s’enflammer contre eux, et je vais les détruire. » (v.10). Dieu a-t-il vraiment besoin de l’autorisation de Moïse ? Non. Mais c’est là tout le mystère : Dieu invite Moïse à faire ce que Lui-même désire ;  intercéder.

Et Moïse accepte. Il ne cherche pas à excuser le peuple, ni à nier sa faute. Il plaide plutôt sur deux fondements essentiels :

Les actions passées de Dieu : « Pourquoi ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir d’Égypte avec puissance et force ? » Le mot hébreu beḥozeq yad – « avec main forte » – évoque la puissance rédemptrice de Dieu. Moïse rappelle à Dieu qui Il est.

Les promesses faites aux patriarches : « Souviens-toi de tes serviteurs Abraham, Isaac et Israël… » Ici, le mot-clé est zakhar – « se souvenir ». Dans la pensée biblique, se souvenir n’est pas un simple acte mental, c’est un acte d’alliance. Moïse supplie Dieu de rester fidèle à ses promesses, car l’identité même de Dieu est enracinée dans sa miséricorde et sa fidélité.

Moïse ne juge pas de loin ; il prend sur lui la souffrance de son peuple. Il se tient devant Dieu avec amour. Voilà le vrai cœur d’un intercesseur.

Et alors vient l’un des versets les plus bouleversants de la Bible : « Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple. » Le verbe hébreu utilisé ici, vayyināḥem (de naḥam), signifie : se repentir, se laisser émouvoir, changer d’avis par compassion. Il ne s’agit pas d’une erreur divine, mais d’un Dieu qui se laisse toucher par l’amour et la prière.

Un message pour nous aujourd’hui : Ce passage révèle une vérité profonde : Dieu n’est pas distant. Il est ému par l’amour, le souvenir, l’intercession. Même quand nous chutons ,  vite, durement, honteusement ,  Il ne nous abandonne pas. Nous avons un Moïse… et bien plus encore : nous avons Jésus, l’intercesseur parfait.

Comme Moïse s’est tenu dans la brèche, ainsi le Christ : « Il est à la droite de Dieu et intercède pour nous. » (Romains 8,34). En Jésus-Christ, Dieu a scellé avec l’humanité une alliance nouvelle et éternelle. Nous sommes invités à découvrir ou redécouvrir cette alliance que nous célébrons de façon particulière dans l’Eucharistie. Nous sommes un peuple d’Alliance, et il nous faut en vivre chaque jour en conscience. Là se trouve le secret de la fidélité durable à Dieu.

Le fait que Dieu renonce ici à sa colère montre que sa justice n’est pas une rage aveugle, mais toujours équilibrée par la miséricorde. Quand nous prions pour les autres, quand nous pleurons, jeûnons, intercédons, quand nous rappelons à Dieu ses promesses, nous participons à ce même dialogue divin.

Invitation
Es-tu découragé par tes propres échecs ou ceux des autres ? Ressens-tu la colère ou l’absence de Dieu? Souviens-toi de ceci : Dieu écoute l’intercession. Il renonce. Il se souvient. Il restaure.

Puissions-nous tous devenir comme Moïse, le cœur brisé pour les autres, debout entre la montagne et la vallée, appelant le ciel à descendre sur la terre, croyant que la miséricorde n’est jamais épuisée.
Amen.

 

Standing in the Breach: The Power of Intercession and God’s Mercy. ( Exodus 32:7–14).

Dear brothers and sisters in Christ, Peace and Love of Christ be with you!

Have you ever felt the weight of someone else's failure? Have you ever stood in that painful place where love compels you to plead for someone who's fallen, maybe a child, a friend, a spouse, even a community?

In today’s first reading from Exodus, we find Moses in that exact place, a place of heartbreak, of confrontation, but also of powerful intercessor. It is one of the most dramatic dialogues in all of Scripture, a moment when divine anger meets human pleading. But even more than that, it’s a moment where we contemplate the heart of God and the power of His mercy.

The scene is dramatic. On the mountain, Moses is enveloped in glory, receiving the tablets of the covenant. But below, the people he leads, rescued from Egypt by the mighty hand of God, have quickly turned away. They mold a golden calf and cry, “This is your god, O Israel.” Then comes the voice of God:

“Go down, because your people, whom you brought up out of Egypt, have become corrupt.”

The Hebrew here is revealing. God says: lekh red ,  “Go down” It’s more than just physical descent. It’s a symbolic descent from divine communion into the brokenness of human sin. Moses is called to re-enter the mess, to stand in the gap.

God describes Israel as having “turned aside quickly” ; a phrase that underscores how rapidly human hearts can stray when they lose sight of God. This is a truth for our own lives too. Even after spiritual highs, moments of spiritual upliftment, etc.,  we can easily fall into old patterns when we do not remain watchful.

“Let Me Alone…” – The Invitation to Intercede

God says something surprising: “Now let Me alone, so that My anger may burn against them and I may destroy them.” (v.10). Does God really need Moses’ permission? No. But here’s the mystery, God is inviting Moses to do what God Himself wants: to intercede.

And Moses does. He doesn’t excuse the people. Moses doesn’t argue Israel’s innocence. Instead, he pleads based on two key things:

God’s past actions: “Why should your anger burn against your people, whom you brought out of Egypt with great power and a mighty hand?” The Hebrew beozeq yad ,  “with a strong hand” , is a term of God’s redeeming power. Moses reminds God who He is.

God’s promises to the Patriarchs: “Remember your servants Abraham, Isaac and Israel...” Here, the key word is Zakhar,  “remember.” In the Hebrew mind, remembering is not just a mental act; it is a covenantal action. Moses asks God to remain faithful to His promises, because God’s identity is wrapped in His mercy and fidelity.

The key word Moses uses is “zakhar - “remember.” In the Bible, to remember is not just mental recollection; it’s a covenantal act. Moses is saying: “Be faithful, Lord, to who You are. Do not abandon them.”

Moses shows us the heart of a true intercessor: not condemning others from a distance, but standing before God on their behalf with love.

And then, in one of the most extraordinary verses of Scripture: “And the Lord relented from the harm He said He would do to His people.” The Hebrew verb here is vayyināḥem, from naam– a word that means to relent, to be moved with compassion, or to change one’s mind out of deep feeling. It is not that God made a mistake; it is that God allows His heart to be moved by love and intercession.

Message for us Today : This passage unveils a profound truth: God is not distant. He is moved by love, by memory, by intercession. Even when we fall, quickly, shamefully, deeply, we are not abandoned. We have a Moses, and even more, we have Jesus, the perfect intercessor.

As Moses stood in the breach, so does Christ: “He is at the right hand of God and is also interceding for us.” (Romans 8:34) . In Christ Jesus God has concluded with Humanity a new covenant and everlasting covenant. We are therefore invited to discover or rediscover this New Covenant which we celebrate in a special way in the Holy Eucharist.  We are people of Covenant and should be conscious of this every day for there lies the secret of an enduring fidelity to God. 

God’s relenting in this passage shows that His justice is not blind rage but is always held in tension with mercy. When we pray for others, when we weep, fast, intercede, and remind God of His promises, we are participating in that same divine dialogue.

Invitation.

Are you discouraged by your failures or the failures of those around you? Do you feel God's anger or absence? Remember this: God listens to intercession. He relents. He remembers. He restores.

May we all become like Moses, hearts broken for others, standing between the mountain and the valley, calling heaven down to earth, believing that mercy is never exhausted, Amen.

 


Thursday, March 27, 2025

Un Cœur qui Écoute : Rester Ferme avec le Christ dans un Monde Divisé. (Jérémie 7, 23–28 ; Luc 11, 14–23)

Chers Frères et Sœurs dans le Christ, Que la paix soit avec vous !

La Parole d’aujourd’hui est tranchante comme une épée à double tranchant. Elle secoue notre confort et nous appelle à une fidélité plus profonde. Le prophète Jérémie et l’évangéliste Luc proclament un message urgent et commun : Dieu cherche un peuple qui écoute vraiment, qui marche dans l’obéissance, et qui s’unit sous Son règne.

« Écoutez ma voix… et je serai votre Dieu » (Jr 7,23)

L’appel de Dieu à travers le prophète Jérémie est tendre mais ferme : « Voici l’ordre que je leur ai donné : Écoutez ma voix, et je serai votre Dieu, et vous serez mon peuple. » C’est là le cœur de l’alliance. Imaginez ce qui aurait pu arriver si le peuple avait toujours obéi à ce commandement.

La relation d’alliance avec Dieu ne se limite pas à des rites ; elle repose sur une obéissance enracinée dans une relation vivante. Dieu veut nos cœurs, des cœurs qui écoutent, des cœurs ouverts, des cœurs réceptifs. Mais qu’entendons-nous ?

« Ils n’ont pas écouté, ils n’ont pas tendu l’oreille ; ils ont suivi les penchants de leur cœur endurci et mauvais… » (v. 24)

Quelle accusation poignante ! Cela ne concerne pas seulement l’ancienne Juda, mais bien chacun de nous aujourd’hui. Combien de fois entendons-nous la Parole de Dieu sans qu’elle pénètre nos décisions, nos relations, nos actions quotidiennes ?

Dans les paroles de Jérémie, nous sommes avertis d’un endurcissement progressif : d’abord, le refus d’écouter ; puis, le détournement du cœur ; et enfin, le triste constat : une nation qui refuse toute correction, toute vérité, tout repentir (v. 28). Et quel est le verdict de Dieu sur un tel peuple?
« La vérité a disparu… »

Bien-aimés, la vérité ne meurt pas parce que Dieu cesse de parler, mais parce que nous cessons d’écouter. Notre monde aujourd’hui n’est-il pas saturé de bruits en tout genre ? Et pourtant, certains pensent que Dieu ne parle plus…

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (Lc 11,23)

Dans l’Évangile, nous retrouvons le même défi : un cœur endurci, une oreille fermée à Dieu. Jésus affronte le mal de front. Il chasse un démon d’un homme muet, et immédiatement la division surgit : certains s’émerveillent, d’autres doutent, et quelques-uns l’accusent :

« C’est par Belzébul qu’il chasse les démons ! »  Mais Jésus, connaissant leurs pensées, répond par un enseignement simple mais profond : « Tout royaume divisé contre lui-même devient désert… » (v. 17) « Celui qui n’est pas avec moi est contre moi » (v. 23)

Le Seigneur trace une ligne claire : il n’y a pas de neutralité dans le Royaume de Dieu. Ou bien nous sommes avec Lui,  rassemblant, construisant, obéissant,  ou bien nous sommes contre Lui , dispersant, résistant, sapant Sa mission.

Ici, Jésus met à nu le combat spirituel que nous ignorons souvent. Comme au temps de Jérémie, les gens voient les signes, mais ne croient pas. Ils entendent la vérité, mais s’attachent à leurs soupçons. Pire encore, ils trouvent toutes sortes d’arguments pour justifier le mal dans la société.

Jésus fait taire les démons, mais certains cœurs restent fermés. Il redonne la parole au muet, mais d’autres continuent de l’accuser.

Et nous ? Combien de fois tombons-nous dans le même piège ? Nous allons à la messe, nous écoutons l’Évangile, mais dans nos cœurs, nous négocions encore avec le péché, nous résistons à l’abandon total, nous retardons notre obéissance.

De la Résistance à la Réponse : Qu’est-ce que Dieu nous dit aujourd’hui ? Dans les deux textes, le message est clair : Dieu parle, mais écoutons-nous ? Le Christ agit, mais répondons-nous ?

Le cœur du message aujourd’hui est le suivant : La foi appelle une réponse. Écouter doit conduire à obéir. L’unité avec le Christ est le seul moyen de rester debout.

Ne soyons pas comme ceux dont le Seigneur dit : « C’est une nation qui n’a pas écouté la voix du Seigneur… » (Jr 7,28). Ne rejetons pas l’œuvre de Dieu, ne restons pas de simples spectateurs de Son Royaume.

Soyons plutôt des hommes et des femmes au cœur attentif, ouverts à la voix de Dieu, désireux de nous aligner sur Jésus, prêts à bâtir son Royaume au lieu de le disperser.

Chers Frères et Sœurs bien-aimés, la Bonne Nouvelle est celle-ci : Dieu n’a pas cessé de parler. Le Christ continue de chasser les démons. L’Esprit Saint murmure encore la vérité.

La seule question est : écoutons-nous ? Revenons à cet amour premier, à cet appel fondamental : « Écoutez ma voix… et je serai votre Dieu. » Faisons le choix, résolument, d’être avec Jésus, de rassembler avec Lui, de Le proclamer comme Seigneur, non seulement avec nos lèvres, mais avec nos vies.

Car ce n’est qu’en écoutant que nous vivons.
Ce n’est qu’en étant unis au Christ que nous tenons bon.
Et ce n’est qu’en obéissant que nous devenons le peuple que Dieu appelle à être.

Amen. 🔥

 

“With A Heart that Listens: Standing Firm with Christ in a Divided World (Jeremiah 7:23–28; Luke 11:14–23)

 

Beloved Sisters and Brothers in Christ, Peace be with you!

Today’s Word is as sharp as a double-edged sword, challenging our complacency and calling us into deeper fidelity. Both  Prophet Jeremiah and evangelist Luke proclaim one urgent message: God seeks a people who truly listen, who walk in obedience, and who unite under His reign.

 “Obey My Voice… and I will be your God” (Jer 7:23)

God’s appeal through the prophet Jeremiah is tender yet firm: “This command I gave them: Obey my voice, and I will be your God, and you shall be my people.” This is the heartbeat of the covenant. Imagine what could have happened if the people had always obeyed God’s command. Covenant relationship with God does not require mere ritual, rather a relationship rooted in obedience. God wants our hearts, listening hearts, responsive hearts. Yet what do we hear?

They did not listen or pay attention; they walked in the stubbornness of their evil hearts…” (v. 24).

What a piercing accusation! This is not just about ancient Judah, it is about us today. How often do we hear the Word of God but fail to let it penetrate our decisions, our relationships, our daily actions?

In Jeremiah’s words, we are warned of a progressive hardening: First, the refusal to listen; then, turning away, and finally, the tragic outcome: a nation that refuses correction, truth, or repentance (v. 28) And what is God’s verdict on such a people? “Truth has perished…

Beloved, truth dies not because God ceases to speak, but because we cease to listen. Is our world today not filled up with all sorts of noise. And yet, some people feel and think that God does not speak again.

 “Whoever is not with me is against me” (Lk 11:23)

We encounter the same challenge of developing a stiff heart and refusal to listen to God in the Gospel.  Jesus confronts evil head-on. He casts out a demon from a mute man, and immediately division arises: Some marvel, others doubt, and some accuse:

He casts out demons by Beelzebul!” But Jesus, knowing their thoughts, responds with a simple but profound teaching:

Every kingdom divided against itself is laid waste...” (v. 17)
Whoever is not with me is against me.” (v. 23)

The Lord draws a line in the sand. There is no neutrality in the Kingdom of God. You are either with Him, gathering, building, obeying, or you are against Him, scattering, resisting, undermining His mission.

Here, Jesus unmasks the spiritual battle we often ignore. Just like in Jeremiah's time, people see signs but fail to believe. They hear truth but cling to their suspicions. Instead, they develop all sorts of arguments to justify the evil in the society.

Jesus silences demons, but some hearts remain closed. He restores speech to the mute, but some still accuse Him.

How often do we fall into this trap ourselves? We attend Mass, we hear the Gospel, but in our hearts, we still negotiate with sin, still resist total surrender, still delay obedience.

From Resistance to Response: What is God Saying To us Today?

In both texts, the key theme is clear: God speaks, but do we listen? Christ acts, but do we respond?

The core message for us today is this: Faith demands response. Listening must lead to obedience. Unity with Christ is the only way to stand firm. Let us not be like those of whom the Lord says:

This is the nation that did not obey the voice of the Lord…” (Jer 7:28). Let us not accuse the work of God or remain passive observers of His Kingdom.

Instead, let us be men and women with listening hearts, open to God's voice, eager to align with Jesus, ready to build His Kingdom rather than scatter it.

Beloved Sisters and Brothers in Christ, the Good News is this: God has not stopped speaking. Christ is still casting out demons. The Holy Spirit is still whispering truth. The only question is: Are we listening?

Let us return to that first love, that original call: “Obey My voice… and I will be your God.” Let us choose, decisively, to be with Jesus, to gather with Him, to proclaim Him as Lord not only with our lips but with our lives.

For only in listening do we live. Only in unity with Christ do we stand. And only in obedience do we become the people God has called us to be.

Amen.🔥

 


Wednesday, March 26, 2025

L’Alliance avec Dieu commence par un Cœur qui Écoute, Obéit et Se Souvient (Deutéronome 4,1.5–9).

« Maintenant, Israël, écoute les lois et les coutumes que je vous enseigne pour que vous les mettiez en pratique. Ainsi vous vivrez, vous entrerez et vous prendrez possession du pays que le Seigneur, le Dieu de vos pères, vous donne. »
(Deutéronome 4,1)

Bien-aimés frères et sœurs dans le Christ,
Que la Paix et l’Amour du Christ soient avec vous.

Aujourd’hui, nous entendons la voix de Moïse, le fidèle serviteur du Seigneur, nous parler à ce moment même de notre histoire humaine.

« Maintenant, Israël, Shema… » : Le mot « Shema » signifie bien plus qu’« entendre ». C’est un appel à écouter avec les oreilles de l’âme, avec une disposition à répondre. C’est une écoute active, où entendre et obéir sont entremêlés comme une vigne autour de la Parole de Dieu. Dieu ne demande pas simplement notre attention : il réclame notre dévotion. « Observez – va'asitem – les lois et les ordonnances… » . Ici, le mot « observer » vient du verbe hébreu asah, qui signifie faire, appliquer, mettre en pratique. Il ne s’agit pas seulement de connaître la Loi, mais de la vivre. La connaissance qui ne devient pas pratique est sans vie. Mais la Parole de Dieu, lorsqu’elle est mise en œuvre, devient vie : « afin que vous viviez » – vich'yitem.

🕊️ La Parole n’est pas un fardeau. C’est un don qui donne la vie ! On la comprend mieux en la vivant. 

Le verset 5 nous le rappelle : « Voyez, je vous enseigne maintenant des lois (chukkim) et des coutumes (mishpatim) comme le Seigneur mon Dieu me l’a commandé… » Ces mots hébreux sont précieux.  Chukkim :  Ce sont des statuts divins qui peuvent ne pas toujours sembler rationnels, mais qu’on obéit dans la confiance et le respect. Mishpatim : Ce sont des ordonnances justes qui expriment l’ordre juste et la sagesse de Dieu. Ensemble, ils révèlent que la loi de Dieu est à la fois mystère et justice, foi et raison, amour et structure de notre relation avec Dieu.

Et maintenant, le pourquoi : « Afin que vous entriez et preniez possession du pays… » Les bénédictions de Dieu ne sont pas seulement liées à l’héritage, mais à l’obéissance. Le pays n’est pas simplement un don : c’est une promesse d’alliance qui s’épanouit dans une vie fidèle.

Appelés à témoigner aux nations : Le verset 6 résonne avec un ton missionnaire : «Vous les garderez et vous les mettrez en pratique : ce sera là votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples… » Enfants de Dieu,  notre obéissance est notre témoignage. Le monde ne sera pas attiré par des rituels vides ou des slogans religieux, mais par un peuple qui vit la Parole avec une fidélité humble. Tu deviens une Torah vivante, une lettre écrite par Dieu et lue par les hommes (2 Co 3,2) !

Mais faisons attention… N’oublie pas ! « Seulement prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, de peur que tu n’oublies (pen tishkach) les choses que tes yeux ont vues… » (v.9).

Ici, le mot hébreu shakach, oublier, n’est pas un simple trou de mémoire. C’est un glissement, une perte de cœur, une amnésie spirituelle. C’est quand on commence à vivre comme si on n’avait jamais rencontré le Dieu qui ouvrit la mer, nous guida dans le désert, parla depuis le feu.

Alors Moïse supplie le Peuple : « N’oublie pas ! » « …Fais-les connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants. » C’est cela, l’héritage. C’est cela, la mission. C’est ainsi que la foi devient une flamme qui ne s’éteint pas : lorsqu’elle est transmise de cœur à cœur, de génération en génération.

Chers amis, aujourd’hui, la Parole de Dieu nous demande trois choses : Écouter avec les oreilles du cœur. Observer par une vie d’obéissance fidèle. Ne pas oublier, ne jamais lâcher ce que Dieu a fait pour nous.

Soyons un peuple dont la mémoire est vivante, dont la foi est visible, et dont l’obéissance est rayonnante. Alors, vraiment, les nations diront : « Ce peuple est vraiment une nation sage et intelligente. » (v.6)

Amen.

Allons vivre cette Parole, car lorsque le peuple de Dieu se souvient et obéit, il brille comme une lumière pour le monde.

 

Covenant with God begins with A Heart That Listens, Obeys and Remembers. (Deuteronomy 4:1,5–9).

“Now, Israel, listen to the statutes and ordinances I am teaching you to observe, so that you may live and enter and take possession of the land that the LORD, the God of your ancestors, is giving you.”
(Deuteronomy 4:1,)

Beloved brothers and sisters in Christ, Peace and Love of Christ be with you.

Today we hear the voice of Moses, the faithful servant of the Lord, speaking to us at this very moment of our human history.

“Now, Israel,  Shema…” : The word “Shema” is more than hear, it is a call to listen with the ears of your soul, with a readiness to respond. It is active listening, where hearing and obeying are intertwined like a vine around the Word of God. God is not merely asking for our attention. He is asking for our devotion.

Observe - va'asitem the statutes and ordinances…” : Here, the word “observe” comes from the verb asah, meaning to do, to apply, to put into action. It is not about knowing the Law, it is about living it. Knowledge that does not become practice is lifeless. But the Word of God, when done, becomes life, “that you may live”  vich'yitem.

🕊️ The Word of God is not a burden. It is a gift that brings life! We understand it better by living it.

Verse 5 reminds us: “See, I now teach you decrees chukkim and lawsmishpatim just as the Lord my God commanded me…” These Hebrew words are precious.

  • Chukkim – these are divine statutes that may not always seem rational but are obeyed out of trust and reverence.
  • Mishpatim – these are just ordinances that express God’s righteous order and wisdom.

Together, they reveal that God's law is both mystery and justice, faith and reason, love and structure of our relationship with God.

And now, the why: “So that you may enter and possess the land…”. God’s blessings are tied not just to inheritance, but to obedience. The land is not simply a gift; it is a covenantal promise that blossoms through faithful living.

Called to Witness to the Nations : Verse 6 explodes with a missionary tone:  “Observe them carefully, for this will show your wisdom and understanding to the nations…”

Child of God, your obedience is your witness. The world will not be drawn by empty rituals or religious slogans, but by a people who live the Word with humble faithfulness. You become a living Torah, an epistle written by God and read by men (2 Cor 3:2)!

But Be Careful... Do Not Forget! "Only be careful, and watch yourselves closely so that you do not forget– pen tishkach the things your eyes have seen…" (v.9). Here, the Hebrew word shakach, to forget, is not merely a lapse of memory. It is a slipping away, a loss of heart, a spiritual amnesia. It’s when we begin to live as though we never encountered the God who parted the seas, who guided us through the wilderness, who spoke from the fire.

So Moses pleads: “Do not forget!” “…make them known to your children and to your children’s children.” This is legacy. This is mission. This is how faith becomes a flame that does not die, when it is passed from heart to heart, generation to generation.

Dear friends, the Word of God today asks us three things: Listen with the ears of the heart. Observe with a life of faithful obedience.  Do not forget, never let go of what God has done for you.

Let us be a people whose memory is alive, whose faith is visible, and whose obedience is radiant. Then truly, the nations will say: “Surely this great nation is a wise and understanding people.”(v.6)

Amen.

Let us go and live this Word, because when the people of God remember and obey, they shine like a light to the world.

 

Tuesday, March 25, 2025

Fête de l’Annonciation : « Qu’il me soit fait selon ta parole »

 

Chers Frères et Sœurs bien-aimés dans le Christ, que la paix soit avec vous !

Aujourd’hui, l’Église célèbre le commencement d’un mystère si grand, si profond, que le ciel lui-même s’est penché pour confier le dessein du salut à l’oreille d’une humble vierge. C’est la Fête de l’Annonciation, jour d’initiative divine et de coopération humaine, où l’éternité a touché le temps, et où le « oui » de Dieu a rencontré celui de Marie. Dans l’évangile de Luc 1, 26–38, nous entendons l’ange Gabriel annoncer l’inimaginable à Marie : qu’elle concevra et enfantera le Fils du Très-Haut, le Sauveur du monde.

Un message d’espérance en temps difficiles

L’ange Gabriel ne se rend ni dans un palais ni dans un temple, mais dans la simplicité d’un petit village, Nazareth. Cela nous révèle que Dieu nous rejoint là où nous sommes, et non là où le monde prétend que réside la grandeur. Comme Marie, nous pouvons parfois nous sentir petits ou ignorés. Mais le regard de Dieu se pose sur les humbles et les cachés.

Les premières paroles de l’ange Gabriel à Marie : « Sois sans crainte » soulignent une vérité essentielle : Dieu veut que nous vivions dans la paix du cœur. La confusion, les guerres, les difficultés économiques que nous vivons aujourd’hui dans diverses régions du monde vont à l’encontre de la volonté divine. Comme Marie, nous pouvons trouver la paix et la faveur auprès de Dieu si nous écoutons sa Parole avec attention.

Le courage du “oui” de Marie

La réponse de Marie : « Qu’il me soit fait selon ta parole » est un abandon audacieux et confiant à la volonté de Dieu. Elle n’avait pas toutes les réponses. Elle ne savait pas comment Joseph réagirait, comment la société la traiterait, ni comment elle élèverait le Fils de Dieu. Et pourtant, elle a dit oui.

Son courage ne reposait pas sur la confiance en elle-même, mais sur une confiance radicale en Dieu : en sa fidélité, en sa puissance pour accomplir ce qu’il promet. Et ainsi, le Verbe s’est fait chair, parce qu’une femme a osé croire.

Chers Frères et Sœurs, combien d’entre nous hésitent à dire oui à l’appel de Dieu, parce qu’ils se sentent incompétents, mal préparés, ou effrayés du regard des autres ? Marie nous enseigne que Dieu n’appelle pas les qualifiés, mais qu’il qualifie ceux qu’il appelle. Il ne demande qu’un oui.

« Je suis l’Immaculée Conception » : une confirmation de la grâce

Il y a exactement 164 ans, le 25 mars 1858, lors des apparitions de la Vierge Marie à une jeune fille simple, Bernadette Soubirous, à Lourdes, Marie lui révéla enfin son nom en ces mots : « Je suis l’Immaculée Conception. » Ce titre confirmait ce que l’Église avait proclamé solennellement quatre ans plus tôt par le dogme de l’Immaculée Conception : que Marie fut préservée de toute tache de péché dès le premier instant de son existence, en vue des mérites du Christ.

Pourquoi cela est-il important aujourd’hui ?

Parce que la grâce précède la mission. Avant d’être appelée à devenir la Mère de Dieu, Marie était déjà remplie de grâce. Avant de dire « oui », elle était déjà favorisée. De même, Dieu nous précède toujours. Il nous prépare à ce qu’il nous demande. Nous ne sommes jamais seuls dans notre vocation. Le Cœur Immaculé de Marie est la preuve de ce que la grâce de Dieu peut accomplir dans une vie humaine entièrement abandonnée à Lui. Nous voyons dans la vie de Marie l’accomplissement de ce que saint Paul écrit en Éphésiens 1, 4 : « En lui, il nous a choisis, avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et immaculés en sa présence, dans l’amour. »

Notre appel à annoncer le Christ aujourd’hui

L’Annonciation ne concerne pas seulement la mission de Marie, elle concerne aussi la nôtre. Chacun de nous, dans sa réalité propre, est appelé à porter le Christ au monde. Dieu envoie ses « anges » à travers l’Écriture, les sacrements, la voix de la conscience ou les besoins des autres, pour nous révéler sa volonté. La question est : écoutons-nous ? Et lorsque nous entendons, répondrons-nous comme Marie ?

Comme Bernadette, comme Marie, nous pouvons nous sentir petits ou indignes. Mais Dieu ne recherche pas la perfection ; Il cherche la disponibilité. Si, comme Marie, nous ouvrons notre cœur et disons : « Qu’il me soit fait », alors le Christ renaîtra dans nos vies, dans nos familles et dans notre monde.

Devenir porteurs du Verbe

En cette grande fête mariale, renouvelons notre confiance en Dieu. Faisons taire nos peurs et nos doutes. Laissons la réponse de Marie nous accompagner en toute circonstance : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole. »

Que Marie, l’Immaculée Conception, intercède pour nous, afin que nous aussi puissions porter Jésus au monde, dans nos cœurs, dans nos paroles, et dans nos actions.

Et que chaque instant de notre vie devienne une Annonciation vivante, où la Parole de Dieu trouve une demeure en nous.

Amen.

 

Moise, Figure d’Intercesseur : Le Cœur de Dieu se laisse toucher. (Exode 32,7–14)

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