Thursday, September 17, 2026

Un Cœur Pardonné et la Liberté d’Aimer (Luc 7:36-50).

Partager un repas a toujours représenté bien plus que simplement manger ensemble. Dans de nombreuses cultures, c'est un signe de bienvenue, d'amitié et d'acceptation. C'était particulièrement vrai dans le monde de Jésus. Les invités s'installaient généralement allongés à table, les pieds écartés du plat. Offrir de l'eau pour se laver les pieds, saluer un invité d'un baiser ou lui proposer de l'huile étaient des marques d'hospitalité et de respect courantes.

C’est dans ce contexte que Luc nous raconte qu’un pharisien nommé Simon invita Jésus à manger chez lui.

Puis une personne inattendue entre en scène : « une femme de la ville, connue pour sa vie de pécheresse ». Luc ne précise pas la nature de son péché. Ce qui importe, c’est que sa réputation était notoire. Simon le sait, et la femme elle-même semble profondément consciente de sa vie passée.

Elle arrive, portant un flacon d'albâtre rempli d'onguent. Se tenant derrière Jésus, à ses pieds, elle se met à pleurer. Ses larmes tombent sur ses pieds. Elle les essuie avec ses cheveux, les embrasse à plusieurs reprises et les oint d'onguent.

Ces gestes peuvent nous paraître excessifs. Mais Jésus lui-même en explique le sens.

Il se tourne vers Simon et lui demande : « Vois-tu cette femme ? »

Cette question est importante. Simon l'a déjà observée, mais peut-être ne l'a-t-il pas vraiment vue . Il voit sa réputation. Il voit son passé. Il voit une personne qu'un homme saint devrait, selon lui, éviter. À ses yeux, elle a déjà été jugée et condamnée.

Mais Jésus voit autre chose : un cœur qui a rencontré la miséricorde.

Sa question résonne encore aujourd'hui : voyez-vous cette femme ? Notre regard sur autrui, surtout sur ceux dont nous désapprouvons la vie ou le passé, révèle souvent ce qui se passe au fond de nous. Ne voyons-nous que leurs échecs, ou sommes-nous encore capables de voir la personne qui se tient devant nous ?

Jésus oppose ensuite l'accueil réservé à Simon aux agissements de la femme : « Tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds, mais elle les a arrosés de ses larmes. Tu ne m'as pas embrassé, mais elle n'a cessé d'embrasser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfum. »

Jésus ne se contente pas de comparer les bonnes et les mauvaises manières, ni de condamner Simon. Il révèle ce qui se passe au fond de deux cœurs.

Les larmes de la femme expriment le repentir et la gratitude. Ses baisers témoignent d'affection et de respect. Le précieux onguent symbolise la générosité . Même le fait d'essuyer les pieds de Jésus avec ses cheveux suggère qu'elle ne se soucie plus de préserver sa dignité devant les témoins. Elle se présente devant Jésus sans artifice, sans excuses, telle qu'elle est.

Et Jésus appelle tout cela l'amour .

Mais il est essentiel de bien comprendre cet ordre. La femme n'achète pas le pardon par ses larmes, ses baisers ou son parfum. La courte parabole des deux débiteurs racontée par Jésus le démontre clairement. Aucun des deux ne pouvait rembourser sa dette, et le créancier leur a accordé son pardon à tous deux sans hésiter.

Alors Jésus demande : « Lequel d’entre eux l’aimera le plus ? »

La réponse est simple : celui à qui on a le plus pardonné.

L'amour de cette femme est donc le fruit de la miséricorde reçue. Ses gestes révèlent qu'un changement s'est déjà opéré en elle. Elle a pris conscience de la profondeur de son besoin et de la grandeur de la miséricorde qui lui a été offerte. Lorsque la grâce de Dieu entre dans une vie, le passé n'a plus le dernier mot.

Le problème de Simon est plus subtil. C'est assurément un homme religieux, respectable et d'une grande rigueur morale. Pourtant, il semble incapable de reconnaître son propre besoin de miséricorde. Et parce qu'il ne perçoit pas sa propre dette, il ne peut comprendre la gratitude de la femme.

C’est peut-être là le véritable défi pour nous.

Parfois, le plus grand obstacle pour faire l'expérience de la miséricorde de Dieu n'est pas simplement notre péché, mais la conviction que nous n'avons besoin que de très peu de miséricorde.

Jésus dit de cette femme : « Ses nombreux péchés lui ont été pardonnés ; c’est pourquoi elle a fait preuve d’un grand amour. »

L’Évangile nous invite donc à nous poser une question plus personnelle :

Suis-je pleinement conscient de la miséricorde que Dieu m'a témoignée ?

Lorsque nous prenons pleinement conscience de la patience et de la miséricorde dont Dieu a fait preuve à notre égard, la conversion devient une réponse reconnaissante à son amour. Nous jugeons moins hâtivement les autres. La gratitude remplace peu à peu la plainte. Notre amour devient moins calculé, car nous savons que nous vivons nous-mêmes par miséricorde.

Comme cette femme, nous découvrons que la miséricorde de Dieu ne nous emprisonne pas dans notre passé. Elle nous restaure, nous offre un nouveau départ et nous envoie d'avant, avec les paroles que Jésus prononce à la fin :

« Ta foi t’a sauvé ; va en paix. »

 


The Freedom to Love with a Forgiven Heart (Luke 7:36-50).

Sharing a meal has always meant more than simply eating together. In many cultures, it expresses welcome, friendship, and acceptance. This was especially true in the world of Jesus. Guests normally reclined at table, with their feet extending away from the food. Offering water for dusty feet, greeting a guest with a kiss, or providing oil were familiar signs of hospitality and respect.

It is within this setting that Luke tells us that a Pharisee named Simon invited Jesus to eat with him.

Then an unexpected person enters the scene: “a woman in the city, who was a sinner.” Luke does not tell us the nature of her sin. What matters is that her reputation was well known. Simon knows it, and the woman herself seems deeply conscious of the life she has lived.

She comes carrying an alabaster flask of ointment. Standing behind Jesus at his feet, she begins to weep. Her tears fall upon his feet. She wipes them with her hair, kisses them repeatedly, and anoints them with the ointment.

To us, these gestures may seem excessive. But Jesus himself explains their meaning.

He turns to Simon and asks: “Do you see this woman?”

That question is important. Simon has already looked at her, but perhaps he has not truly seen her. He sees her reputation. He sees her past. He sees someone whom, in his judgment, a holy man should avoid. In his mind, she has already been judged and condemned.

But Jesus sees something else: a heart that has encountered mercy.

His question also reaches us today: Do you see this woman? The way we look at others, especially those whose lives or pasts we disapprove of, often reveals something about what is happening within our own hearts. Do we see only their failures, or can we still see the person before us?

Jesus then contrasts Simon’s reception with the woman’s actions: “You did not give me water for my feet, but she has bathed them with her tears.” “You did not give me a kiss, but she has not ceased kissing my feet.” “You did not anoint my head with oil, but she has anointed my feet with ointment.”

Jesus is not simply comparing good and bad manners, nor is he merely condemning Simon. He is revealing what is happening inside two hearts.

The woman’s tears express repentance and gratitude. Her kisses express affection and reverence. The costly ointment expresses generosity. Even wiping Jesus’ feet with her hair suggests that she is no longer concerned about protecting her dignity before those watching her. She comes before Jesus without disguise, without excuses, just as she is.

And Jesus calls all of this love.

But we must understand the order carefully. The woman is not buying forgiveness with her tears, kisses, or perfume. Jesus’ short parable of the two debtors makes this clear. Neither debtor could repay what he owed, and the creditor freely forgave them both.

Then Jesus asks: “Which of them will love him more?”

The answer is simple: the one who has been forgiven more.

The woman’s love, therefore, is the fruit of mercy received. Her gestures reveal that something has already happened within her. She has recognized both the depth of her need and the greatness of the mercy offered to her. When God’s grace enters a life, the past no longer has the final word.

Simon’s difficulty is more subtle. He is certainly a religious man, respectable and morally serious. Yet he seems unable to recognize his own need for mercy. And because he does not see his own debt, he cannot understand the woman’s gratitude.

This may be the deeper challenge for us.

Sometimes the greatest obstacle to experiencing God’s mercy is not simply our sin, but the conviction that we need very little mercy at all.

Jesus says of the woman: “Her many sins have been forgiven; hence, she has shown great love.”

The Gospel therefore invites us to ask a more personal question:

How conscious am I of the mercy God has shown me?

When we truly recognize how patiently and mercifully God has dealt with us, conversion becomes a grateful response to his love. We judge others less quickly. Gratitude begins to replace complaint. Our love becomes less calculated, because we know that we ourselves live by mercy.

Like the woman, we discover that God’s mercy does not imprison us in our past. It restores us, gives us a new beginning, and sends us forward with the words Jesus speaks at the end:

“Your faith has saved you; go in peace.”

 

Thursday, July 23, 2026

REVENONS À LA SOURCE D’EAU VIVE Jérémie 2, 1-3.7-8.12-13 ; Matthieu 13, 10-17


La lecture du prophète Jérémie commence par un souvenir empreint de tendresse. Dieu se rappelle le premier amour de son peuple :

« Je me souviens de la fidélité de ta jeunesse, de ton amour de jeune épouse, lorsque tu me suivais au désert. »

Ces paroles révèlent le cœur d’un Dieu qui se souvient des débuts de sa relation avec les Israélites. Autrefois, Israël suivait Adonaï à travers le désert, un lieu d’incertitude où la survie dépendait entièrement de la conduite et de la providence de Dieu.

Il est vrai que le désert était éprouvant, mais le peuple vivait dans la proximité de Dieu. Il faisait confiance à Celui qui le guidait. Plus tard, Dieu le conduisit vers « une terre fertile », où il pouvait jouir de ses fruits et de ses bénédictions. Pourtant, la prospérité finit par lui faire oublier le Dieu qui l’avait libéré d’Égypte. Le peuple accueillit les dons, mais négligea peu à peu Celui qui les lui avait donnés.

Les prêtres ne posaient plus la question essentielle de la foi : « Où est le Seigneur ? » Ceux qui enseignaient la Loi cessèrent de Le connaître. Les dirigeants se révoltèrent contre Dieu, et les prophètes suivirent ce qui ne pouvait pas les sauver. Certains se laissèrent même séduire par l’esprit de Baal. Les structures religieuses continuèrent d’exister comme de simples formalités, mais la relation vivante avec Dieu s’était profondément affaiblie. Et ce compromis est inacceptable devant le Seigneur Dieu.

Ce danger menace encore les croyants aujourd’hui. Nous pouvons nous habituer aux bénédictions de Dieu tout en devenant moins attentifs à sa présence. Nous pouvons continuer à prier, à participer au culte et à remplir nos obligations religieuses, sans plus nous demander sincèrement : « Où est le Seigneur dans ma vie ? Que veut-il me dire ? Où me conduit-il ? »

Dieu décrit ensuite le péché de son peuple à travers une image saisissante :

« Ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau. »

Une source fait jaillir une eau fraîche et vive. Une citerne ne fait que conserver l’eau qui y a été recueillie, et une citerne fissurée est incapable de retenir même cette eau. Israël avait abandonné le Dieu vivant pour placer sa confiance dans les idoles, les alliances politiques avec des nations étrangères, les biens matériels de toutes sortes et la puissance humaine.

Nous pouvons faire de même chaque fois que nous attendons des réalités créées qu’elles étanchent la soif la plus profonde de notre cœur. Cela peut concerner notre quête de réussite, d’argent, de reconnaissance, de relations, de plaisir ou de contrôle. Toutes ces choses peuvent procurer un réconfort passager. Mais elles ne peuvent donner la paix, le sens et le renouvellement intérieur qui viennent de Dieu seul.

Cela ne signifie pas que ces réalités soient toujours mauvaises. Le problème commence lorsque nous leur demandons de devenir notre source de vie. Toute citerne fissurée finit par nous décevoir, parce qu’elle ne peut porter le poids de nos espérances les plus profondes.

L’Évangile nous aide à comprendre pourquoi certaines personnes accueillent la parole de Dieu, tandis que d’autres restent indifférentes. Jésus dit à ses disciples :

« Heureux vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent. »

Les paraboles de Jésus révèlent les mystères du Royaume, mais elles exigent un cœur ouvert. Certains n’entendent qu’une histoire. D’autres reconnaissent que Dieu s’adresse directement à eux. La différence ne tient pas seulement à l’intelligence ou à l’instruction. Elle réside dans la volonté d’écouter, d’accueillir et de se laisser transformer.

Le cœur peut s’endurcir sous l’effet de l’orgueil, du péché répété, des distractions, du ressentiment ou de l’attachement excessif à ses propres opinions. Nous pouvons entendre les Écritures bien des fois sans leur permettre de remettre en question nos choix. Nous pouvons admirer la parole de Dieu sans lui obéir. Pensons à Hérode, qui aimait écouter Jean-Baptiste, mais refusait pourtant de se convertir.

Jésus nous appelle à bien plus qu’une simple écoute extérieure. Il nous demande l’écoute attentive du disciple. Une telle écoute permet à la Parole d’entrer dans le cœur, de dévoiler nos fausses sécurités et de nous ramener vers l’eau vive.

Peut-être avons-nous autrefois suivi Dieu avec davantage de confiance et d’enthousiasme. Peut-être notre prière est-elle devenue aride, notre foi routinière ou notre cœur partagé. Dieu ne nous rappelle pas notre premier amour simplement pour nous accuser. Il nous invite à revenir vers Lui, la source d’eau vive.

Abandonnons ensemble les citernes fissurées. Revenons à la source de vie. Posons de nouveau cette question : « Où est le Seigneur ? » Ouvrons nos yeux à sa présence et nos oreilles à sa parole. Le Dieu qui se souvient de notre premier amour est encore prêt à le renouveler aujourd’hui.

Prions

Seigneur, source d’eau vive, pardonne-moi d’avoir cherché la vie dans des réalités qui ne peuvent véritablement me combler. Ouvre mes yeux afin que je reconnaisse ta présence, et mes oreilles afin que j’accueille ta parole. Renouvelle en moi mon premier amour pour toi, libère mon cœur de ses fausses sécurités et apprends-moi à te suivre de nouveau avec confiance et fidélité. Amen.🙏🙏🙏

 


LET US RETURN TO THE FOUNTAIN OF LIVING WATER Jeremiah 2:1–3, 7–8, 12–13; Matthew 13:10–17

The reading from the prophet Jeremiah begins with a tender memory. God recalls the early love of His people:

“I remember the devotion of your youth, your love as a bride, how you followed me in the wilderness.”

These words reveal the heart of a God who remembers the beginning of His relationship with the Israelites. Israel once followed Adonai through the wilderness, a place of uncertainty where survival depended entirely on God’s guidance and providence.

It is true that the wilderness was difficult, but the people were close to God. They trusted the One who led them. Later, God brought them into “a plentiful land” where they could enjoy its fruits and blessings. Yet their prosperity produced forgetfulness of the God who brought them out of Egypt. They received the gifts but gradually neglected the Giver.

The priests no longer asked the vital question of faith, “Where is the Lord?” Those who taught the Law ceased to know Him. Their Leaders rebelled against God, and their prophets followed what could not save them. Some even allowed themselves to be deceived by the spirit of Baal.  Religious structures continued as formality, but the living relationship with God had been seriously weakened.

This danger still confronts believers today. We can become accustomed to God’s blessings while losing our attentiveness to His presence. We may continue praying, attending worship, and fulfilling religious obligations, yet no longer ask sincerely, “Where is the Lord in my life? What is He saying to me? Where is He leading me?”

God then describes the people’s sin through a striking image:

They have forsaken me, the fountain of living water, and dug for themselves broken cisterns that can hold no water.”

A fountain gives fresh, flowing water. A cistern only stores what has been collected, and a broken cistern cannot preserve even that. Israel abandoned the living God and placed its trust in idols, political alliances with foreign nations, possessions of all sorts, and human power.

We may do the same whenever we expect created things to satisfy the deepest thirst of the heart. This ranges from our quest for achievement, money, recognition, relationships, pleasure, and control. All of these may offer temporary comfort. But they cannot give the peace, meaning, and inner renewal that come from God alone.

This does not mean that these things are always evil. The problem begins when we ask them to become our source of life. Every broken cistern eventually disappoints us because it cannot carry the weight of our deepest hopes.

The Gospel helps us understand why some people receive God’s word while others remain unmoved. Jesus tells His disciples:

“Blessed are your eyes, because they see, and your ears, because they hear.”

The parables of Jesus reveal the mysteries of the Kingdom, but they require an open heart. Some hear only a story. Others recognize God speaking directly to them. The difference is not merely intelligence or education. It is the willingness to listen, receive, and be changed.

A heart can become dull through pride, repeated sin, distraction, resentment, or attachment to its own opinions. We may hear the Scriptures many times without allowing them to question our choices. We may admire the word of God without obeying it. We can recall here Herod who loved listening to John the Baptist and yet refused to repent.

Jesus calls us to more than physical hearing. He asks for the attentive listening of a disciple. Such listening allows the word to enter the heart, expose false securities, and lead us back to the living water.

Perhaps you once followed God with greater trust and enthusiasm. Perhaps your prayer has become dry, your faith routine, or your heart divided. God does not remind you of your first love merely to accuse you. He invites you to return to Him the fountain of living water.

Let us together leave the broken cisterns.  Let us return to the fountain. Ask again, “Where is the Lord?” May we open our eyes to His presence and our ears to His word. The God who remembers our first love is still ready to renew it again today.

Prayer

Lord, fountain of living water, forgive me for seeking life in things that cannot truly satisfy. Open my eyes to recognize Your presence and my ears to receive Your word. Renew my first love for You, free my heart from false securities, and teach me to follow You again with trust and faithfulness. Amen.

 


Wednesday, July 22, 2026

Réflexion Spirituelle pour la Fête de Sainte Marie-Madeleine Inspirée de 2 Corinthiens 5, 14-17 et de Jean 20, 1-2.11-18

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre sainte Marie-Madeleine, une femme dont la vie fut transformée pour toujours par sa rencontre avec Jésus-Christ. Autrefois marquée par son passé, elle devint le premier témoin de la Résurrection et la première personne envoyée annoncer le Seigneur ressuscité à ses disciples. Son histoire nous rappelle que Dieu ne nous définit pas à partir de ce que nous avons été, mais à partir de ce que nous devenons par sa grâce.

Dans la deuxième lecture, saint Paul écrit : « L’amour du Christ nous saisit. » Ces paroles nous révèlent la source de toute vie chrétienne authentique. Nous ne suivons pas le Christ principalement par peur, par obligation ou par habitude. Nous le suivons parce que son amour nous a rejoints le premier, nous a guéris et nous a transformés. Cet amour nous donne une manière nouvelle de nous regarder nous-mêmes, de regarder les autres et de regarder le monde.

Saint Paul va plus loin encore lorsqu’il affirme : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. » La création ancienne, blessée par la désobéissance d’Adam et Ève, est ainsi transformée dans le Christ et avec lui. Cette transformation suit la logique progressive du mystère de l’Incarnation. La réalité de la création nouvelle ne signifie pas que notre passé n’a jamais existé. Elle signifie plutôt que ce passé n’a plus le dernier mot. La miséricorde de Dieu est plus grande que nos échecs, et sa grâce est plus forte que nos blessures. Toute rencontre sincère avec le Christ ouvre la possibilité d’un nouveau commencement.

Marie-Madeleine est un exemple vivant de ces paroles.

L’Évangile commence dans l’obscurité. Elle se rend au tombeau alors qu’il fait encore sombre, portant en elle la douleur d’avoir perdu Celui qui lui avait redonné l’espérance. Elle a probablement passé toute la nuit à penser à Jésus et à sa mort. Lorsqu’elle découvre le tombeau vide, la confusion remplace ses certitudes et ses yeux se remplissent de larmes. Debout devant le tombeau, elle pleure, car elle pense que même le corps de Jésus a été emporté.

Combien de fois notre foi ressemble-t-elle à ce moment ! Il arrive que Dieu nous semble absent, que nos prières nous paraissent vides et que l’avenir soit profondément incertain. Nous cherchons des réponses, sans parvenir à reconnaître que le Seigneur est déjà tout proche.

Tout change dans la vie de Marie-Madeleine à travers un seul mot.

Jésus l’appelle par son nom : « Marie ! »

À cet instant, elle le reconnaît. Le Christ ressuscité ne commence pas par une longue explication ni par un discours théologique sur sa vie et sa Résurrection. Il commence par une rencontre personnelle. Il la connaît par son nom. Cette reconnaissance ranime son espérance, dissipe sa peur et remplit son cœur de joie.

Le Bon Pasteur continue d’appeler chacun de nous par son nom. Il connaît nos combats, nos déceptions et les blessures cachées que personne d’autre ne voit. Sa Résurrection n’est pas seulement un événement du passé. Elle est sa présence vivante, qui continue de venir à notre rencontre, surtout lorsque nous nous sentons perdus ou découragés. Cet Évangile nous interpelle donc et nous invite à apprendre à écouter la voix de Jésus dans la prière silencieuse, dans la méditation et dans la lecture de la Parole de Dieu.

Cependant, Jésus ne permet pas à Marie-Madeleine de rester auprès du tombeau. Il lui confie une mission : « Va trouver mes frères et dis-leur… » La femme qui était venue chercher le Christ mort repart en annonçant le Christ vivant. Sa rencontre devient une mission.

À l’époque de Jésus, pour qu’un témoignage soit considéré comme crédible, il fallait généralement au moins deux témoins. Or, voici qu’une femme, peu reconnue et peu considérée par la société de son temps, se voit confier une mission aussi importante. Cela nous montre que la Résurrection de Jésus porte du fruit dans la vie de ceux qui l’aiment et qui se laissent envoyer par lui.

Tel est le mouvement de toute vocation chrétienne. Nous rencontrons le Christ afin de pouvoir le faire connaître. La foi ne peut pas rester une consolation privée. Elle devient naturellement un témoignage à travers nos paroles, nos choix et nos actes de charité.

En célébrant la fête de sainte Marie-Madeleine, posons-nous quelques questions : Est-ce que je cherche encore chaque jour le Christ vivant, ou est-ce que je me contente d’une foi routinière ? Suis-je attentif au Seigneur qui m’appelle par mon nom ? Ma rencontre avec lui a-t-elle fait de moi une créature nouvelle, visible dans ma manière de pardonner, de servir et d’aimer les autres ?

Que sainte Marie-Madeleine nous apprenne à chercher le Christ avec persévérance, à reconnaître sa voix avec un cœur rempli de joie et à proclamer avec conviction, comme elle le fit au matin de Pâques : « J’ai vu le Seigneur ! » Que notre vie devienne, elle aussi, un témoignage joyeux de sa Résurrection !

Prions le Seigneur

Seigneur Jésus,

Tu as appelé Marie-Madeleine par son nom et tu as transformé sa tristesse en joie. Appelle-nous de nouveau aujourd’hui, surtout lorsque notre foi faiblit ou que notre cœur se décourage. Aide-nous à reconnaître ta voix, à mettre notre confiance dans ton amour qui ne déçoit jamais et à vivre comme des créatures nouvelles par la puissance de ta Résurrection.

Remplis-nous du courage nécessaire pour témoigner de toi dans notre vie quotidienne, afin que nos paroles et nos actes conduisent les autres à rencontrer ta miséricorde et l’espérance que tu donnes.

Par l’intercession de sainte Marie-Madeleine, accorde-nous la grâce de te chercher fidèlement, de te suivre de tout notre cœur et de nous réjouir un jour pour toujours en ta présence.

Amen.

 


Spiritual Reflection for the Feast of Saint Mary Magdalene : ( 2 Corinthians 5:14-17 and John 20:1-2, 11-18)

Dear brothers and sisters,

Today the Church celebrates Saint Mary Magdalene, a woman whose life was forever changed by an encounter with Jesus Christ. Once burdened by her past, she became the first witness of the Resurrection and the first person sent to announce the risen Lord to His disciples. Her story reminds us that God does not define us by who we once were, but by who we become through His grace.

In the second reading, Saint Paul writes, “The love of Christ urges us on.” These words reveal the source of every authentic Christian life. We do not follow Christ primarily because of fear, obligation, or habit. We follow Him because His love has first reached us, healed us, and transformed us. That love gives us a new way of seeing ourselves, others, and the world.

Paul goes even further to say:Whoever is in Christ is a new creation.” The old creation wounded by the disobedience of Adam and Even is thus transformed in and with Christ. This transformation follows the gradual logic of the mystery of Incarnation. The reality of the new creation does not mean that our past never existed. Rather, it means that our past no longer has the final word. God's mercy is greater than our failures, and His grace is stronger than our wounds. Every sincere encounter with Christ opens the possibility of a new beginning.

Mary Magdalene is a living example of these words.

The Gospel begins in darkness. She arrives at the tomb while it is still early, carrying the sorrow of losing the One who had given her hope. She must have spent the whole night thinking about Jesus and his death. When she discovers the empty tomb, confusion replaces her certainty, and tears fill her eyes. Standing outside the tomb, she weeps because she believes that even the body of Jesus has been taken away.

How often our own faith resembles that moment. There are times when God seems absent, when our prayers feel empty, and when the future appears very uncertain. We search for answers but cannot recognize that the Lord is already near.

Everything changes in Mary Magdalene’s life with one simple word.

Jesus calls her by name: “Mary.”

At that moment, she recognizes Him. The risen Christ does not begin with a long explanation or a theological argument about His life and Resurrection. He begins with a personal encounter. He knows her by name, and that recognition restores her hope, dispels her fear, and fills her heart with joy.

The Good Shepherd still calls each of us by name. He knows our struggles, our disappointments, and the hidden wounds that no one else sees. His Resurrection is not merely an event of the past. It is His living presence that continues to seek us, especially when we feel lost or discouraged. This Gospel therefore challenges us, inviting us to learn to listen to the voice of Jesus in silent prayer, meditation, in reading the Word of God, etc.

Yet Jesus does not allow Mary Magdalene to remain at the tomb. He entrusts her with a mission: “Go to my brothers and tell them...” The woman who came seeking the dead Christ leaves proclaiming the living Christ. Her encounter becomes a mission. In the time of Jesus, for a testimony to be considered credible it requires at least two persons. But her is a woman who was not well known and accepted by the society, entrust with such as great mission. This is an indication that Resurrection of Jesus becomes meaningful in the lives of those who love Him.

This is the pattern of every Christian vocation. We encounter Christ so that we may make Him known. Faith cannot remain a private consolation. It naturally becomes a witness through our words, our choices, and our acts of charity.

As we celebrate the feast of Saint Mary Magdalene, let us ask ourselves: Do I still seek the living Christ each day, or have I become satisfied with routine? Am I listening for the Lord who calls me by name? Has my encounter with Him made me a new creation, visible in the way I forgive, serve, and love others?

May Saint Mary Magdalene teach us to seek Christ with perseverance, to recognize His voice with joyful hearts, and to proclaim with conviction, as she did on that first Easter morning: “I have seen the Lord.” May our lives become the same joyful witness to His Resurrection!

 

Let us Prayer

Lord Jesus,
You called Mary Magdalene by name and transformed her sorrow into joy. Call us anew today, especially when our faith grows weak or our hearts become discouraged. Help us to recognize Your voice, to trust in Your unfailing love, and to live as new creations through the power of Your Resurrection.

Fill us with the courage to bear witness to You in our daily lives, so that our words and actions may lead others to encounter Your mercy and hope. Through the intercession of Saint Mary Magdalene, grant us the grace to seek You faithfully, to follow You wholeheartedly, and one day to rejoice forever in Your presence.

Amen.

 

 

 

Monday, July 20, 2026

WHO IS A GOD LIKE YOU? TRUST IN THE MERCY THAT RESTORES Micah 7:14–15, 18–20

 

The prophet Micah ends his message with a prayer of trust. After speaking about the failures of the people, the corruption of society, and the painful consequences of sin, he turns his eyes toward God and prays:

“Shepherd your people with your staff, the flock of your inheritance.”

This prayer reveals something important about faith. Micah does not deny the seriousness of the people’s condition. He sees their weakness clearly. Yet he also knows that sin, failure, and suffering do not have the final word. God remains the Shepherd of His people.

A shepherd does not abandon the flock because some sheep have wandered. He searches, gathers, protects, and leads them back to safe pasture. Micah therefore asks God to care once again for the people who belong to Him.

This image runs throughout Scripture. David declares, “The Lord is my shepherd; I shall not want.” Through the prophet Ezekiel, God promises to search for the lost, bring back the strayed, bind up the injured, and strengthen the weak. In the Gospel, Jesus identifies Himself as the Good Shepherd who lays down His life for His sheep.

Sometimes we hesitate to return to God because we think we have wandered too far. We remember our repeated sins, neglected promises, poor decisions, and the people we have hurt. We may conclude that God has grown tired of forgiving us.

Micah answers this fear with one of the most beautiful questions in Scripture:

“Who is a God like you, who removes guilt and pardons sin?”

The prophet is not asking for information. He is expressing wonder. No one forgives like God. No one shows mercy with the same patience, generosity, and faithfulness.

God does not remain angry forever because He delights in mercy. This does not mean that He ignores evil or treats sin as unimportant. His mercy confronts sin, but it does so in order to heal and restore the sinner. God does not forgive us so that we may continue living carelessly. He forgives us so that we may rise, change, and begin again.

Micah then gives us a powerful image about God’s forgiving love:

“You will cast into the depths of the sea all our sins.”

God does not keep our confessed sins nearby so that He can use them against us later. When He forgives, He opens a new path before us. The memory of our failures may remain, and some consequences may still need to be faced, but guilt no longer has the right to define our identity.

Many believers accept that God forgives others but struggle to believe that He truly forgives them. They continue punishing themselves for what God has already pardoned. They carry old guilt into prayer, relationships, and daily life. They live as though their worst mistake were the deepest truth about them.

Micah invites us to place greater trust in God’s mercy than in our own shame.

The passage ends by recalling God’s faithfulness to Abraham and Jacob. His mercy is not a passing emotion. It is rooted in His covenant. God remains faithful even when His people have been unfaithful.

This is fulfilled completely in Jesus Christ. In Him, God comes searching for the lost. Jesus welcomes sinners, restores the fallen, and gives His life for our salvation. On the cross, mercy enters the deepest consequences of human sin. In the resurrection, God shows that no failure, wound, or darkness is stronger than His saving love.

Perhaps today you feel distant from God. Perhaps you are carrying regret, shame, or the weight of repeated weakness. Do not allow your past to speak more loudly than His mercy.

Return to the Shepherd. Let Him find you, forgive you, and lead you again. The God who casts sins into the depths of the sea can also raise you from the depths of discouragement.

Who is a God like Him?

Prayer

Merciful Lord, You do not abandon me when I wander. Search for me, forgive my sins, and lead me back to Your heart. Cast away the guilt that keeps me bound, heal the wounds caused by my failures, and give me the courage to begin again. Help me to trust in Your mercy and to offer that same mercy to others. Amen.

 


Un Cœur Pardonné et la Liberté d’Aimer (Luc 7:36-50).

Partager un repas a toujours représenté bien plus que simplement manger ensemble. Dans de nombreuses cultures, c'est un signe de bienv...