Monday, July 20, 2026

WHO IS A GOD LIKE YOU? TRUST IN THE MERCY THAT RESTORES Micah 7:14–15, 18–20

 

The prophet Micah ends his message with a prayer of trust. After speaking about the failures of the people, the corruption of society, and the painful consequences of sin, he turns his eyes toward God and prays:

“Shepherd your people with your staff, the flock of your inheritance.”

This prayer reveals something important about faith. Micah does not deny the seriousness of the people’s condition. He sees their weakness clearly. Yet he also knows that sin, failure, and suffering do not have the final word. God remains the Shepherd of His people.

A shepherd does not abandon the flock because some sheep have wandered. He searches, gathers, protects, and leads them back to safe pasture. Micah therefore asks God to care once again for the people who belong to Him.

This image runs throughout Scripture. David declares, “The Lord is my shepherd; I shall not want.” Through the prophet Ezekiel, God promises to search for the lost, bring back the strayed, bind up the injured, and strengthen the weak. In the Gospel, Jesus identifies Himself as the Good Shepherd who lays down His life for His sheep.

Sometimes we hesitate to return to God because we think we have wandered too far. We remember our repeated sins, neglected promises, poor decisions, and the people we have hurt. We may conclude that God has grown tired of forgiving us.

Micah answers this fear with one of the most beautiful questions in Scripture:

“Who is a God like you, who removes guilt and pardons sin?”

The prophet is not asking for information. He is expressing wonder. No one forgives like God. No one shows mercy with the same patience, generosity, and faithfulness.

God does not remain angry forever because He delights in mercy. This does not mean that He ignores evil or treats sin as unimportant. His mercy confronts sin, but it does so in order to heal and restore the sinner. God does not forgive us so that we may continue living carelessly. He forgives us so that we may rise, change, and begin again.

Micah then gives us a powerful image about God’s forgiving love:

“You will cast into the depths of the sea all our sins.”

God does not keep our confessed sins nearby so that He can use them against us later. When He forgives, He opens a new path before us. The memory of our failures may remain, and some consequences may still need to be faced, but guilt no longer has the right to define our identity.

Many believers accept that God forgives others but struggle to believe that He truly forgives them. They continue punishing themselves for what God has already pardoned. They carry old guilt into prayer, relationships, and daily life. They live as though their worst mistake were the deepest truth about them.

Micah invites us to place greater trust in God’s mercy than in our own shame.

The passage ends by recalling God’s faithfulness to Abraham and Jacob. His mercy is not a passing emotion. It is rooted in His covenant. God remains faithful even when His people have been unfaithful.

This is fulfilled completely in Jesus Christ. In Him, God comes searching for the lost. Jesus welcomes sinners, restores the fallen, and gives His life for our salvation. On the cross, mercy enters the deepest consequences of human sin. In the resurrection, God shows that no failure, wound, or darkness is stronger than His saving love.

Perhaps today you feel distant from God. Perhaps you are carrying regret, shame, or the weight of repeated weakness. Do not allow your past to speak more loudly than His mercy.

Return to the Shepherd. Let Him find you, forgive you, and lead you again. The God who casts sins into the depths of the sea can also raise you from the depths of discouragement.

Who is a God like Him?

Prayer

Merciful Lord, You do not abandon me when I wander. Search for me, forgive my sins, and lead me back to Your heart. Cast away the guilt that keeps me bound, heal the wounds caused by my failures, and give me the courage to begin again. Help me to trust in Your mercy and to offer that same mercy to others. Amen.

 


MARCHE HUMBLEMENT AVEC TON DIEU ET TU SERA TRANSFORMÉ PAR SA PRÉSENCE (Michée 6, 1-4.6-8)

             

Le prophète Michée nous présente une scène qui ressemble à celle d’un tribunal. Dieu appelle les montagnes et les fondements de la terre à être témoins du procès qui L’oppose à son peuple. Pourtant, ses paroles ne sont pas celles d’un juge irrité, impatient de condamner. Ce sont les paroles d’un Père blessé :

« Mon peuple, que t’ai-je fait ? En quoi t’ai-je fatigué ? »

Les questions de Dieu sont profondément touchantes. Aujourd’hui encore, Il nous adresse les mêmes questions. Dieu demande à son peuple de se souvenir. Il l’a fait sortir de l’esclavage en Égypte. Il l’a libéré de la servitude. Il lui a donné des guides et l’a accompagné tout au long de son chemin. Le problème n’était pas que Dieu avait abandonné son peuple. C’est son peuple qui avait oublié son amour et progressivement réduit sa relation avec Lui à l’accomplissement extérieur de devoirs religieux.

Cela explique les questions qui suivent : « Avec quoi me présenterai-je devant le Seigneur ? » Dois-je Lui offrir des holocaustes ? Des milliers de béliers ? Des torrents d’huile ? Dois-je même Lui offrir mon fils premier-né ?

Derrière ces propositions démesurées se cache un grave danger spirituel auquel nous sommes, nous aussi, confrontés aujourd’hui. Nous pouvons nous imaginer que Dieu se satisfera de la quantité de nos offrandes, alors même que notre vie ne change pas. Nous pouvons participer aux célébrations de l’Église, réciter de nombreuses prières devenues habituelles, consentir des sacrifices et accomplir nos devoirs religieux, tout en négligeant la justice, en refusant de faire preuve de miséricorde envers les autres ou en manquant d’honnêteté dans nos relations. Nous pouvons également négliger le pardon et la réconciliation, et rester indifférents aux personnes vulnérables.

Le prophète Michée leur donne, comme à nous aujourd’hui, une réponse directe :

« On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, ce que le Seigneur exige de toi : rien d’autre que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton Dieu. »

Dieu ne rejette ni le culte ni le sacrifice. Il rejette un culte séparé de la vie. Le véritable culte doit nous conduire à pratiquer la justice. Il doit faire grandir en nous l’amour de la bonté et de la miséricorde. Il nous apprend à marcher humblement avec Dieu.

Marcher avec Dieu est l’une des plus belles images que nous offre la Sainte Écriture. Dans le livre de la Genèse, Dieu est présenté marchant dans le jardin à la brise du jour. L’être humain a été créé pour cette proximité, pour cette amitié et cette communion avec son Créateur. Le péché a brisé cette relation. Adam et Ève se sont cachés parce que la peur avait pris la place de la confiance.

Pourtant, Dieu n’a jamais renoncé à son désir de marcher avec l’humanité.

Hénoch « marchait avec Dieu ». Noé, lui aussi, « marchait avec Dieu » au milieu d’une génération corrompue. Dieu dit à Abraham : « Marche en ma présence et sois irréprochable. » Plus tard, Dieu accompagna Israël dans le désert, le guidant par une nuée pendant le jour et par une colonne de feu pendant la nuit.

En Jésus-Christ, ce désir de Dieu devient encore plus manifeste. Dieu ne marche plus avec l’humanité uniquement à travers des signes. Le Verbe se fait chair et parcourt nos chemins. Jésus traverse les villages, entre dans les maisons, s’assied à table, s’approche des malades, accueille les pécheurs et accompagne les disciples découragés sur le chemin d’Emmaüs.

Marcher humblement avec Dieu signifie donc Lui permettre de nous accompagner dans tous les aspects de notre vie. Cela signifie L’écouter lorsque sa Parole nous corrige. Cela signifie reconnaître que nous ne possédons pas toutes les réponses. Cela signifie renoncer au désir de paraître supérieurs aux autres. Une personne humble ne marche pas devant Dieu en décidant de tout sans Lui. Elle ne reste pas non plus loin derrière Lui, paralysée par la peur. L’humilité consiste à marcher à ses côtés dans la confiance et l’obéissance.

Cette marche doit également transformer notre manière de traiter les autres. Nous ne pouvons pas prétendre marcher avec Dieu tout en écrasant ceux qui ont été créés à son image. La justice nous demande de rendre à chacun ce qui lui est dû. La bonté nous conduit au-delà de la simple obligation et nous ouvre à la compassion. L’humilité empêche nos bonnes actions de devenir des occasions d’orgueil et de recherche de notre propre gloire. Il nous arrive parfois d’être pris au piège de ces péchés sans même nous en rendre compte. Il est donc essentiel d’en prendre conscience.

La question du Seigneur nous rejoint encore aujourd’hui :

« Mon peuple, que t’ai-je fait ? »

Peut-être nous sommes-nous lassés de Dieu parce que nous avons connu une pratique religieuse dépourvue d’une véritable amitié avec Lui. Michée nous invite à revenir à l’essentiel. Dieu ne nous demande pas des gestes spectaculaires. Il nous demande une vie qui reflète son cœur.

Pratique la justice. Aime la bonté. Marche humblement avec ton Dieu.

Ce n’est pas une petite exigence. C’est le chemin de la conversion, de la vie du disciple et de la sainteté : « Soyez saints, car Moi, le Seigneur votre Dieu, Je suis saint » (Lévitique 19, 2). C’est le chemin qui nous ramène au jardin, là où Dieu a toujours désiré marcher avec son peuple.

Prions le Seigneur :

Seigneur, apprends-moi à pratiquer la justice, à aimer la bonté et à marcher humblement avec Toi chaque jour. Libère-moi de l’orgueil, de l’égoïsme et des pratiques religieuses vides de sens. Que ta présence transforme mon cœur, guide mes décisions et façonne ma manière de traiter les autres. Marche avec moi, Seigneur, et aide-moi à Te rester fidèle à chaque instant de ma vie. Amen.

 

WALK HUMBLY WITH YOUR GOD AND BE TRANSFORMED BY HIS PRESENCE. Micah 6:1–4, 6–8

The prophet Micah presents us with an image comparable with that of a courtroom. God calls the mountains and the foundations of the earth to witness His case against His people. Yet His words are not those of an angry judge eager to condemn. They are the words of a wounded Father:

“O my people, what have I done to you? In what have I wearied you?”

God’s questions are really touching.  He is asking us the same question today. God asks His people to remember. He brought them out of slavery in Egypt. He redeemed them from bondage. He gave them leaders and accompanied them on their journey. The problem was not that God had abandoned His people. They had forgotten His love and gradually reduced their relationship with Him to external religious duties.

This explains the questions that follow: “With what shall I come before the Lord?” Should I bring burnt offerings? Thousands of rams? Rivers of oil? Even my firstborn child?

Behind these exaggerated proposals of the people lies a serious spiritual danger that we too face today. We may imagine that God can be satisfied by the quantity of what we offer while our lives remain unchanged. We may attend church worship, recite many habitual prayers, make sacrifices, and perform religious duties, yet neglect the practice of justice, fail to show mercy to others, lack honesty in our dealing with others. We may also fail to practice forgiveness and reconciliation, and care for the vulnerable.

The prophet Micah gives them and us a direct answer:

You have been told, O man, what is good, and what the Lord requires of you: only to do what is right, to love goodness, and to walk humbly with your God.”

God does not reject worship or sacrifice. He rejects worship that is disconnected from life. True worship should lead us to act justly. It should form in us a love for goodness and mercy. It teaches us to walk humbly with God.

To walk with God is one of the most beautiful images in Scripture. In the Book of Genesis, God is presented as walking in the garden in the cool of the day. Humanity was created for this closeness, for friendship and communion with the Creator. Sin disrupted that relationship. Adam and Eve hid themselves because fear had entered the place where trust once existed.

Yet God did not abandon His desire to walk with humanity.

Enoch “walked with God.” Noah also “walked with God” in a corrupt generation. Abraham was told, “Walk before me and be blameless.” God later accompanied Israel through the wilderness, guiding them by cloud during the day and by fire during the night.

In Jesus Christ, this divine desire becomes even clearer. God no longer walks with humanity only through signs. The Word becomes flesh and walks along our roads. Jesus walks through villages, enters homes, sits at tables, approaches the sick, welcomes sinners, and accompanies the disappointed disciples on the road to Emmaus.

To walk humbly with God, therefore, means allowing Him to accompany every part of our life. It means listening when His word corrects us. It means accepting that we do not possess all the answers. It means giving up the desire to appear superior to others. A humble person does not walk ahead of God, deciding everything without Him, nor remain far behind through fear. Humility means walking beside Him in trust and obedience.

This walk must also change how we treat others. We cannot claim to walk with God while trampling upon those created in His image. Justice asks us to give others what is due to them. Goodness moves us beyond obligation toward compassion. Humility prevents our good deeds from becoming occasions for pride and self-glorification. Sometimes, we do not even realize when we are cut up in these sins. Awareness is therefore important.

The Lord’s question still reaches us today: “O my people, what have I done to you?”

Perhaps we have grown tired of God because we have known religious activity without genuine friendship with Him. Micah invites us to return to what is essential. God does not ask for spectacular gestures. He asks for a life that reflects His heart.

Do what is right. Love goodness. Walk humbly with your God.

This is not a small demand. It is the path of conversion, discipleship, and holiness: “You shall Be holy for I the Lord your God, am holy.”(Leviticus 19:2). It is the path that leads us back to the garden, where God has always desired to walk with His people.

 

Let us Pray : 

Lord, teach me to do what is right, to love goodness, and to walk humbly with You each day. Free me from pride, selfishness, and empty religious habits. Let Your presence transform my heart, guide my decisions, and shape the way I treat others. Walk with me, Lord, and help me remain faithful to You in every moment of my life. Amen.



Friday, March 13, 2026

Come Home to the God Who Loves Us Freely. (Hosea 14: 2-10 & Mark 12:28-34).

Beloved in Christ, as Christians, we need to have a good knowledge of the Hebraic origin of our faith. There is a word in the Hebrew Bible that stops me every time I encounter it. It is the very first word of our passage from Hosea. It is an urgent and personal message that speaks to our hearts in this season of Lent. That word is Shuvah, meaning “Return”.

Hosea does not say to the Israelites “try harder”, “perform more religious acts”. He simply says, “Come back”. He invites them to “turn around”, “come home”.

Indeed, Isreal had wandered far away from God. They had trusted in Assyria, (the superpower of their day), believing that political alliances would save them. They had mounted their warhorses, convinced that military strength was their security. The had bowed before idols fashioned by their own hands, worshipping the work of their fingers rather than the God who formed them from the dust. Does this sound familiar? The names of these realities and idols change across the centuries; Assyria becomes economy without humanity, reputation, technology, ideology, etc. But the restless heart that seeks security everywhere except in God remains, sadly, the experience of many today.

And yet, even in the midst of the chaos in the world today, we should listen carefully to God’s word. God’s message starts with an invitation: “Return”.

And then, in one of the most astonishing verses in all of prophetic literature, God says something that should make every one of us pause in wonder: “I will love them freely”. The Hebrew word is “nedavah; it refers to a freewill offering, a gift not earned, irrespective of the recipient’s moral state. It is the overflow of a love that needs no reason beyond itself. This is grace before the New Testament even names it.

And what does that love look like? God reaches for the language of nature, because human language alone is not enough. “I will be like the dew”, silent, sovereign, arriving in the night when the earth is most parched, asking nothing in return. “You will blossom like a lily, take root like a cedar, bear fruit like an olive tree”. Every image speaks of life that is given and not achieved, of fruitfulness that flows from being rooted in God. And then the most extraordinary image of all comes when God says: “I am like a green cypress tree; from me comes your fruit.”

God calls Himself a tree. The very thing Israel had been seeking in all its idolatry, be it shelter, nourishment, or fruitfulness, God says: That is Me. You have been searching for Me in all the wrong places.

Several centuries after, the prophesies of Hosea find their perfect fulfillment in Jerusalem. Today’s Gospel brings us to the Holy Week. Jesus has entered Jerusalem to the shouts of the crowd, has cleansed the Temple, and is now engaged in a series of debate with the religious authorities. A scribe approaches Jesus. Unlike the others, he is not hostile. He came because he saw that Jesus answered them well (v.28). He asks the question every serious soul eventually asks: “What is the center of it all? What truly matters in this world?” In the rabbinic tradition, the Torah contained 613 commandments, among which 248 were positive and 365 negative. His question touches the heart of what religious life is actually about. What is the center from which everything else radiates?

And Jesus answers with the Shema Israel, as expressed in Deuteronomy 6: 4, to love and worship God with undivided heart. “Love Him with all your heart. All your soul. All your mind. All your strength.

Every dimension of our humanity must be oriented toward the One who made us. And then, inseparably, comes this “Love your neighbor as yourself.” Because the person beside me, whether in the public transportation, at work, etc., is also a bearer of God’s image, (Tselem Elohim). To love him or her is to honor God in them.

The scribe understands this fundamental truth. And Jesus looks at him and says perhaps the most tender words in all the Gospels: “You are not far from the Kingdom of God”! what a remarkable declaration.  He is not far, but not yet inside.

Dear friends, perhaps that is where many of us live today. We are close enough to understand God’s message, and yet not surrendered enough to enter into His Kingdom. The distance between not far and inside is not a distance of knowledge. It is the distance between hearing the Word and letting it transform our life.

 

Hosea says return. Jesus says Love. Both words point to the same truth: Only in God can our soul find full rest, peace, and happiness. The dew of his mercy is falling in this season of grace. The doors of His mercy are wide open! Let’s Come home!


Wednesday, February 18, 2026

Entrons dans le Désert avec le Christ : Une Réflexion sur le Carême. (Luc 4:1-13)

 

Le récit des tentations de Jésus (Luc 4, 1-13) se déroule après son baptême où la Voix venue du Ciel le déclare « Fils bien-Aimé ». Le désert devient alors le premier lieu où cette identité est mise à l'épreuve, révélée et vécue. Le Carême, qui débute dans le calendrier liturgique aujourd’hui, reflète délibérément cette expérience du désert. Pendant 40 jours, nous serons aussi tentés de manières diverses. Mias Jesus nous donne la clé de la victoire.

Luc présente cet épisode avec une précision théologique qu'il est facile de négliger. Jésus, « rempli du Saint-Esprit », conduit par l'Esprit, est ensuite « tenté par le diable ». La présence de l'Esprit n'élimine pas le combat spirituel ; au contraire, elle l'inaugure. Le désert est un lieu de vérité, où les illusions sont dévoilées et où la question fondamentale se pose : « Que signifie réellement vivre en enfants bien-aimés de Dieu, en fils et filles de Dieu ? » La tentation, en ce sens, n'est pas simplement une séduction morale ; c'est essentiellement un combat pour notre vocation divine et la confiance en Dieu, surtout lorsque nous sommes le plus vulnérables.

À présent, examinons les tentations telles que présentées par Luc. Chaque tentation vise une déformation différente de la filiation divine du Christ. La première, « Ordonne à cette pierre de devenir du pain », concerne nos besoins biologiques. Nous savons ce qu'est la faim, nous l'avons éprouvée directement ou indirectement. L'invitation adressée au Christ par Satan était de réduire sa filiation divine à l'autosuffisance, d'instrumentaliser son pouvoir pour un soulagement immédiat.

Jésus répondit en s'appuyant sur la Parole de Dieu, tirée du livre du Deutéronome : « L'homme ne vit pas seulement de pain. » L'enjeu ici n'est pas le pain contre l'esprit, mais pousser Jesus a utilisé son pouvoir pour satisfaire ses intérêts personnels. Or, Jésus fait souvent le contraire : son pouvoir se trouve dans l’amour, amour pour Dieu son Père, amour pour nous.  C’est pourquoi il se donne en nourriture pour nous. Le jeûne du Carême prend alors tout son sens, non pas comme un simple renoncement au corps (car certains jeûnent pour des raisons non spirituelles ou religieuses, comme le désir de perdre du poids, etc.), mais comme une réorganisation de nos désirs humains afin que nos besoins n'altèrent pas notre confiance en Dieu.

La seconde tentation concerne l'autorité sur « tous les royaumes du monde ». Elle détourne l'attention de la survie, liée aux besoins biologiques, vers la domination, envisagée comme un besoin spirituel. Ici, la séduction est politique et expansionniste ; elle vise à atteindre le bien en s'emparant du contrôle, en substituant à l'obéissance aimante et progressive l'immédiateté du spectaculaire et la coercition. La logique du diable est toujours la même : celle du « la fin justifie les moyens », qui consiste à sacrifier la fidélité à Dieu et à ses commandements pour une gloire humaine et vaine.

La réponse de Jésus est éclairante : « Tu adoreras le Seigneur ton Dieu et tu le serviras lui seul. » L’adoration de Dieu ne se limite pas aux rites liturgiques ; elle touche fondamentalement à notre orientation existentielle. Adorer Dieu seul (comme nous le demande Deutéronome 6, 4-8) revient à refuser l’absolutisation de toute puissance inférieure, y compris notre propre capacité d’influencer le cours des événements. La pratique du Carême, faite de prière et d’aumône, prend tout son sens. Cela nous aide à résister à cette tentation, à lâcher prise sur notre volonté de dominer et à orienter nos cœurs vers la révérence envers Dieu notre Créateur.

La troisième tentation , « Jette-toi d’ici », est la plus subtile de toutes . Elle se pare de références spirituelles. C’est un avertissement : le diable sait déformer la vérité, faire passer son mensonge pour vérité, le rendre séduisant. C’est une distorsion religieuse qui cherche à contraindre Dieu à agir, à transformer notre confiance en preuve de sa providence et de sa protection, et même à métamorphoser la foi en une démonstration de puissance. On le constate aujourd’hui chez tant de pseudo-prophètes qui mettent en scène des « soi-disant miracles » pour se glorifier et tromper les foules non informées et leurs disciples. Jésus répond également en disant : « Ne tentez pas le Seigneur votre Dieu. »

La confiance authentique en Dieu ne cherche pas à manipuler . Dieu veut que nous nous confiions à Lui, que nous nous abandonnions à Sa volonté éternelle. Croire en Dieu implique de prendre des risques pour défendre la vérité, pour prendre la parole en faveur des pauvres et des marginalisés. Cela nous rend vulnérables. L'invitation du Carême à un silence et à un examen de conscience plus profonds peut être interprétée ici comme un apprentissage d'une foi sans présomption, où Dieu n'est ni mis en doute ni contraint, mais attendu avec une confiance filiale.

Ce qui met en lumière le secret de la victoire de Jésus sur Satan : ce qui frappe dans les trois réponses, c’est le mode de victoire de Jésus. Il ne s’appuie ni sur une intuition personnelle ni sur une simple détermination, mais sur la Parole qu’il a su se remémorer. L’Écriture n’est pas un texte instrumentalisé, mais notre source de fidélité, notre arme pour démasquer les ruses du diable.

Dans le désert, Jésus s’inscrit si profondément dans l’histoire d’Israël que la tentation trouve sa réponse dans le souvenir de l’alliance. Pour nous, chrétiens entrant en Carême, cela signifie que notre résilience se forge moins par la quantité de décisions que nous prenons que par la profondeur de notre enracinement, en demeurant dans la Parole jusqu’à ce qu’elle devienne un réflexe de notre cœur. C’est en nous appuyant sur la PAROLE DE DIEU que nous pouvons vaincre l’ennemi. Voilà pourquoi nous devons connaître la Parole de Dieu et la laisser demeurer en nous.

 

Saint Luc conclut cet épisode sur une note très profonde : le diable s’en va « jusqu’à un moment propice ». La tentation n’est pas un épisode isolé que l’on surmonte une fois pour toutes ; c’est une dimension constante du cheminement de disciple. L’expérience du désert nous a déjà révélé le modèle de persévérance que nous devons suivre : être réceptifs à la parole de Dieu et ne pas nous croire autosuffisants, adorer Dieu sans compromis et placer toute notre confiance en lui. Le Carême nous offre l’occasion de redécouvrir nos sources de tentation et de les affronter de front.

Suivre le Christ durant le Carême, c'est accepter une nouvelle éducation de nos désirs et de nos engagements, laisser l'Esprit nous guider là où nos dépendances, nos ambitions et nos angoisses apparaissent sans fard. Le désert, paradoxalement, devient un lieu de grâce, où le croyant redécouvre que la vie est un don, que Dieu seul est Dieu, et que la confiance n'a pas besoin d'être prouvée. Puisse le Seigneur nous donner la force de l’Esprit Saint pour vivre notre expérience du désert et en ressortir vainqueurs comme et avec Jésus. 


Entering the Desert with Christ: A Lenten Reflection. (Luke 4:1-13)

The narrative of the temptations of Jesus (Luke 4:1-13) happened after the baptism of Jesus, when the Voice from Heaven has declared Jesus as “Son”. The desert becomes the first arena in which that identity is tested, clarified, and enacted. Lent, beginning in the Church’s calendar, deliberately reflects this desert experience.

Luke presents the episode with a theological precision that is easy to overlook. Jesus “filled with the Holy Spirit”, led by the Spirit, and then “tempted by the devil.” The presence of the Spirit does not eliminate struggle; rather it inaugurates it. The wilderness is place of truth, where illusions are exposed, and the fundamental question surfaces: “What does it really mean to live as God’s beloved, as Sons and Daughters of God?”  Temptation, in this sense, is not simply a moral seduction; it is essentially a contest over divine call and trust in God, especially when we are most vulnerable.

Now, let’s look at the temptations as presented by Luke. Each temptation targets a different distortion of sonship of Christ. The first, “command this stone to become bread”, addresses the realm of our bodily needs.  We know what hunger is, have experienced it directly or indirectly. The invitation addressed to Christ by satan was to reduce his divine sonship to self-sufficiency, to instrumentalize his power for immediate relief. Jesus replied relying on the Word of God from the book of Deuteronomy: “One does not live by bread alone.” The issue at steak here is not bread versus spirit, but provision versus possession. Life is sustained not only by what we secure but by what we receive. Fasting during Lent become intelligible, not simply as a denial of the body (because some people do fast for non-spiritual and religious reasons like those who want to lose weight, etc.), but for a reordering of our human desire so that our needs do not tyrannize our trust in GOD.

The second temptation, concerns authority over “all the kingdoms of the world.” It shifts the attention from survival connected to biological needs to dominion as spiritual need. Here the seduction is political and expansive; it aims to achieve the good by seizing control, by passing the slow obedience of love through the immediacy of what is spectacular and through coercion. The devil’s logic is always the same; it’s the logic of the “end justifies the means”, compromising faithfulness in God and His commandments for human and vain glory.

Jesus’ response is illuminating: “Worship the Lord your God and serve him only”. The worship of God is not simply liturgical rites; it has to do fundamentally with our existential orientation. To adore God alone (as demanded in Deuteronomy 6: 4-8) is to resist the absolutizing of any lesser power, including one’s own capacity to influence events. Lent’s practice of Prayer, Almsgiving help us resist this temptation. It helps us loose the grip of our will to dominate and redirects our hearts toward reverence of God our Creator.

The 3rd temptation, “Throw yourself down from here,” is the most subtle of all. It is clothed in spiritual citation. This is a warning to us to know that the devil knows how to twist the truth, make his lie look like truth, appear attractive. It is a religious distortion that seeks to compel God to act, convert our trust into proof of God’s providence and protection and even transforming faith into a staged demonstration of power. We see this today in so many pseudo-prophets that stage “miracle” to glorify themselves and deceive uninformed crowds, and their followers.  Jesus replies also saying: “Do not put the Lord your God to the test.”

Authentic trust in God does not seek to manipulate. God wants us to confide in Him, abandon ourselves to His eternal Will. Believing in God implies taking risks to stand for the truth, to speak out for the poor and marginalize. This makes us vulnerable.  Lent’s invitation to deeper silence and examen can be read here as a schooling in non-presumptive faith, where God is neither doubted nor coerced but awaited.

Highlighting the secret of Jesus’ victory over satan: What is striking across the three replies is Jesus’ mode of victory. He does not argue from private insight or sheer resolve but from the remembered Word. Scripture functions not as a weaponized text but as our source of fidelity, our weapon to unmask the strategies of the devil. In the desert, Jesus inhabits Israel’s story so completely that temptation is answered from within covenant memory. For us Christians entering Lent, this suggests that our resilience is cultivated less by the quantity of Lenten decision we take than by depth of rootedness, by dwelling in the Word until it becomes the reflex of the heart. It is by relying on the WORD OF GOD that we can defeat the enemy. This is the reason why we need to know the Word of God, allow it to dwell in our hearts.


St Luke concludes the episode with a very sobering note : the devil departs “until an opportune time.” Temptation is not a single episode we overcome once for all ; it is a recurring dimension of discipleship. The desert experience has already disclosed the pattern of endurance we should follow : being receptive to God’s word and not being self-sufficiency, worshiping God without compromise, and putting our whole trust in God. Lent offers us the opportunity to rediscover our areas of temptation and confront them head on.

To follow Christ into Lent is to consent to a reeducation of our desire and commitment, to allow the Spirit to lead us into places where our dependencies, ambitions, and anxieties are named without disguise. The wilderness, paradoxically, becomes a place of grace, where the believer learns again that life is gift, that God alone is God, and that trust need not prove itself to be real. 

May God help us live a fruitful Lent of conversion of heart for move fraternity among us🙏🙏🙏


Friday, February 13, 2026

Unis et Guéris par l'Amour de l'Alliance Divine. (1 Rois 11:29-32; 12:19. Marc 7, 31-37).

 

Chers frères et sœurs, les lectures bibliques d'aujourd'hui nous amènent à la raison profonde pour laquelle l'humanité continue de souffrir de division et de souffrance. Certes, nous vivons des moments de grâce et de présence divine. Mais nous constatons aussi que nos vies, personnelles et collectives, portent les marques des promesses non tenues et de l'infidélité à l'alliance divine. L'une des caractéristiques les plus étonnantes de la sagesse biblique est qu'elle ne cache pas les échecs de grandes figures comme David, Salomon et d'autres. Au contraire, leurs faiblesses sont relatées avec la franchise d'une confession. On pourrait se demander : « Pourquoi donc l'Écriture expose-t-elle si clairement leurs chutes ? » Je pense que c'est précisément pour nous montrer la constance de la miséricorde de Dieu et la nécessité de nous humilier devant lui.

Les conséquences de l'idolâtrie : Dans la première lecture, le prophète Ahija rencontre Jéroboam sur la route. Il déchire son manteau neuf en douze morceaux et en donne dix à Jéroboam. Ahija explique la signification de son geste. Salomon, qui avait jadis prié Dieu de lui accorder un cœur attentif pour rendre justice à ce peuple et discerner le bien du mal, avait laissé son cœur s'éloigner de Dieu. L'Écriture nous dit clairement que « ses femmes détournèrent son cœur vers d'autres dieux ».

Le défi de la persévérance : Salomon s’est éloigné de Dieu dans sa vieillesse. Son échec est riche d’enseignements. La persévérance dans notre alliance avec Dieu est essentielle. Nous pouvons être doués, voire spirituellement perspicaces, mais savoir utiliser ces dons selon la volonté de Dieu et persévérer sur le chemin de la droiture demeure un défi immense. Si même Salomon, l’homme le plus sage, a pu laisser son cœur se tourner vers l’idolâtrie, alors nous devons reconnaître que notre relation avec Dieu exige humilité et vigilance constante.

Comme le dit saint Thomas d'Aquin : « Puisque la grâce ne détruit pas la nature mais la perfectionne, il est nécessaire que la raison naturelle serve la foi, tout comme l'inclination naturelle de la volonté sert la charité. » [1]Ce que Dieu a élevé en Salomon, c'est une nature qui exigeait encore vigilance et discipline. La persévérance dans la foi n'est pas garantie par un commencement privilégié. La grâce divine peut nous élever et nous guérir, mais elle ne nous dispense pas de la nécessité de progresser dans des vertus solides. La sagesse, don divin, ne se mue pas automatiquement en prudence acquise, pas plus que l'élection divine n'annule l'érosion progressive qui résulte de compromis répétés avec notre foi . Les affections naturelles de Salomon se sont développées sans référence au Dieu de ses ancêtres.

Vivre en peuple d'alliance : Il est donc essentiel de se rappeler que nous sommes un peuple lié par une alliance avec Dieu . Lorsque les créatures de Dieu abandonnent son amour d'alliance, l'unité du peuple ne peut plus être maintenue. Notre monde souffre énormément des conséquences sociales des péchés individuels. Dieu utilise l'histoire de Salomon pour nous faire prendre conscience du prix de l'infidélité à son alliance et de l'urgence de revenir à lui, qui seul peut guérir nos blessures et nos divisions.

La grâce sans frontières : Dans l'Évangile, Jésus entre dans la Décapole. Ses habitants étaient considérés comme éloignés du culte de Dieu. La présence de Jésus dans cette région proclame que la miséricorde de Dieu est sans limites. « On lui amena un sourd qui parlait. » Jésus prend l'homme à l'écart, loin du bruit et de l'agitation, met ses doigts dans ses oreilles et touche sa langue avec sa propre salive. Puis il lève les yeux au ciel.

Le geste de lever les yeux au ciel revêt une grande importance dans cet Évangile . Jésus lève les yeux au ciel lors d'actes qui donnent la vie : avant la multiplication des pains, avant la résurrection de Lazare, etc. Il sait que sa puissance découle du lien d'amour éternel qui l'unit à Dieu le Père. Ainsi, il nous montre que tout acte de guérison commence par une soumission recueillie et priante à la volonté du Père.

Alors Jésus prononce un seul mot : Ephphatha ; « Ouvre-toi ! » Aussitôt, les oreilles de l’homme s’ouvrirent, son bégaiement disparut et il parla distinctement. Jésus pénètre nos failles humaines pour restaurer notre capacité même à vivre de nouveau en alliance ; il ouvre nos oreilles pour entendre à nouveau la voix de Dieu, nos langues pour dire la vérité, nos cœurs pour accueillir les uns les autres. Mais la question est : « Sommes-nous prêts à le laisser nous emmener loin de la foule, dans un lieu isolé où il parlera à notre cœur ? »



[1] Somme théologique I, q.1, a.8


WHO IS A GOD LIKE YOU? TRUST IN THE MERCY THAT RESTORES Micah 7:14–15, 18–20

  The prophet Micah ends his message with a prayer of trust. After speaking about the failures of the people, the corruption of society, a...