Saturday, October 3, 2026

Découvrir la Source plus Profonde de la Joie Chrétienne (Luc 10:17-24).

L’Évangile d’aujourd’hui commence par un bref récit du retour des disciples de leur mission.

Auparavant, Jésus les avait envoyés en mission avec des instructions précises. Il leur avait confié une mission et, par cette mission, il leur avait donné l'autorité. Ils devaient proclamer le Royaume de Dieu, guérir les malades et combattre le pouvoir du mal.

Ils reviennent alors à Jésus. Leurs cœurs débordent de joie. Ces deux moments méritent d'être soulignés : d'abord, ils sont envoyés par Jésus ; ensuite, ils retournent à Jésus.

Les disciples comprennent qu'ils ne se sont pas envoyés eux-mêmes . La mission n'était pas leur projet personnel ; c'était un don et une responsabilité qui leur avait été confiée. L'autorité qu'ils exerçaient ne venait pas d'eux non plus ; ils l'avaient reçue de Jésus. Et lorsque la mission est terminée, ils retournent auprès de celui qui les a envoyés et lui racontent ce qui s'est passé.

Cela nous enseigne déjà quelque chose sur le discipulat chrétien . Quelle que soit la mission que Dieu nous confie, que ce soit dans l'Église, dans notre famille, dans notre travail ou dans les circonstances ordinaires de la vie, nous sommes d'abord envoyés par lui. Et après notre travail, nos luttes, nos succès et nos échecs, nous devons apprendre à revenir à lui.

Mais qu'est-ce qui passionne particulièrement les disciples ?

Ils disent : « Seigneur, même les démons nous sont soumis à cause de ton Nom. »

Ils ont certainement prêché. Ils ont guéri les malades. Ils sont entrés dans les maisons et ont annoncé que le Royaume de Dieu était proche . Pourtant, ce qui semble les étonner le plus, c'est que même les démons se soient soumis à eux au nom de Jésus.

L’autorité au nom de Jésus : Pour les disciples, ce fut une découverte puissante : il y a de l’autorité dans le nom de Jésus.

Ils étaient partis non en leur propre nom, mais en son nom. Et ils ont découvert par expérience que le nom qu'ils proclamaient n'était pas un nom vide de sens. La puissance appartenait au Christ.

Jésus lui-même confirme qu'un événement important s'est produit. Il dit : « J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair. » Leur mission était de participer à la victoire de Dieu sur le pouvoir du mal.

Véritable source de joie : Mais Jésus accomplit alors quelque chose de très important. Il redirige leur joie.

« Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »

Jésus les conduit d'une bonne raison de se réjouir à une motivation plus profonde.

En méditant sur cet Évangile, nous pouvons nous demander : « Qu’est-ce qui nous procure une joie profonde ? »

Bien souvent, notre joie dépend de ce qui se passe autour de nous. Nous nous réjouissons lorsque notre travail est couronné de succès, lorsque l'on nous apprécie, lorsque nos projets se déroulent bien, lorsque nous accomplissons quelque chose d'important, lorsque nous sommes en bonne santé ou lorsque notre famille se porte bien.

Ce sont là de véritables raisons d'être reconnaissant et il ne faut pas les négliger. Il n'y a rien de mal à s'en réjouir.

Cependant, ils sont aussi fragiles et nous sommes facilement tristes lorsque nous les perdons.

Le bonheur artificiel est fragile : le succès peut se transformer en échec. La santé peut se dégrader. Ceux qui nous encensent aujourd’hui peuvent nous critiquer demain. Un projet dans lequel nous avons tant investi peut ne pas donner les résultats escomptés.

Nous vivons dans un monde où les mauvaises nouvelles abondent : guerres, violences, maladies, difficultés économiques, ruptures, incertitudes, souffrances et morts. Si notre joie ne dépend que des circonstances favorables, elle restera toujours fragile.

Jésus nous donne donc, à ses disciples et à nous, un fondement plus profond pour bâtir notre joie : « Réjouissez-vous, car vos noms sont écrits dans les cieux. »

Autrement dit, notre joie la plus profonde ne doit pas provenir essentiellement de ce que nous avons accompli, mais de ce que nous sommes devant Dieu.

Nous lui appartenons. Nous sommes connus par lui.

Il nous aime. Nous sommes ses enfants.

Aucun de ces éléments ne peut être mesuré par les succès ou les échecs humains.

Jésus lui-même « se réjouit dans l’Esprit Saint » et loua le Père parce que ces choses avaient été révélées à des êtres semblables à des enfants.

Il y a là un beau parallèle. Les disciples se réjouissent d'avoir accompli quelque chose. Jésus se réjouit de ce que le Père donne.

L'être humain à l'esprit d'enfant est capable de recevoir. Il sait que tout commence par la grâce.

C’est aussi la leçon de la mission des disciples. La joie chrétienne commence donc par recevoir avant d’obtenir.

Peut-être est-ce là l’invitation de l’Évangile d’aujourd’hui : alors que tant de choses autour de nous peuvent nous ravir notre paix, revenons à la raison la plus profonde de notre joie.

Nous ne devrions pas nous réjouir simplement parce que « quelque chose de bien m'est arrivé ».

C’est pourquoi saint Paul a dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 4,4). Dieu ne nous demande pas de nous réjouir à cause des épreuves, de la maladie, de la douleur de perdre un être cher, etc. Nous nous réjouissons plutôt parce que nous adorons un Dieu pour qui rien n’est impossible.

Nous appartenons à Dieu. Il nous connaît. Il nous aime. Et nos noms sont inscrits dans les cieux.

Prions :

Seigneur Jésus, merci de nous avoir appelés par notre nom et de nous avoir envoyés pour être tes disciples. Préserve-nous de ne chercher notre joie que dans le succès, la reconnaissance ou nos propres accomplissements. Apprends-nous à nous réjouir par-dessus tout parce que nous t'appartenons et que nos noms sont inscrits dans les cieux.

Donne-nous un cœur humble et simple, ouvert à ce que le Père souhaite nous révéler. Dans les moments difficiles, les déceptions et les incertitudes, rappelle-nous que notre plus grande joie est de te connaître, de t'aimer et d'être aimés de toi.

Que tout ce que nous faisons prenne son origine en toi, soit accompli en ton nom et nous ramène à toi. Amen.

 


Discovering the Deeper Source of Christian Joy (Luke 10:17-24).

Today’s Gospel begins with a brief account of the disciples returning from their mission.

Earlier, Jesus had sent them out with specific instructions. He gave them a mission, and with that mission he gave them authority. They were to proclaim the Kingdom of God, heal the sick, and confront the power of evil.

Now they come back to Jesus. They hearts are filled with Joy. These two moments are worth noticing: first, they are sent by Jesus; then, they return to Jesus.

The disciples understand that they did not send themselves. The mission was not their personal project. It was a gift and a responsibility entrusted to them. The authority they exercised did not originate in them either. They received it from Jesus. And when the mission is over, they return to the one who sent them and tell him what happened.

That already teaches us something about Christian discipleship. Whatever mission God entrusts to us, whether in the Church, in our family, in our work, or in the ordinary circumstances of life, we are first sent by him. And after our work, our struggles, our successes and failures, we must learn to return to him.

But what particularly excites the disciples?

They say: “Lord, even the demons are subject to us because of your Name.”

They must certainly have preached. They healed the sick. They entered homes and announced that the Kingdom of God was near. Yet what seems to astonish them most is that even the demons submitted to them through the name of Jesus.

Authority in the name of Jesus: For the disciples, this was a powerful discovery: there is authority in the name of Jesus.

They had gone out not in their own name, but in his. And they discovered through experience that the name they proclaimed was not an empty name. The power belonged to Christ.

Jesus himself confirms that something important has happened. He says, “I have observed Satan fall like lightning from the sky.” Their mission was participating in God’s victory over the power of evil.

Real Source of Joy: But then Jesus does something very important. He redirects their joy.

“Do not rejoice because the spirits are subject to you, but rejoice because your names are written in heaven.”

Jesus leads them from a good reason for rejoicing to a deeper motivation.

Meditating on this Gospel, we can ask ourselves: “What gives us profound joy?

Very often our joy depends on what happens around us. We rejoice when our work succeeds, when people appreciate us, when our plans go well, when we achieve something important, when our health is good, or when our family is doing well.

These are real reasons for gratitude and should not be neglected. There is nothing wrong with rejoicing in them.

However, they are also fragile and when we easily become sad when we lose them.

Man-made joy is fragile: Success can become failure. Health can change. People who praise us today may criticize us tomorrow. A project in which we invested so much may not produce the result we expected.

And we live in a world where there is so much difficult news: war, violence, illness, economic hardship, broken relationships, uncertainty, suffering and death. If our joy depends only on favorable circumstances, it will always be vulnerable.

Jesus therefore gives his disciples and us something deeper on which to build their and our joy: “Rejoice because your names are written in heaven.”

In other words, our deepest joy must not come essentially from what we have accomplished, but from who we are before God.

We belong to him.

We are known by him.

We are loved by him.

We are his child.

None of these can be measured by human success or failures.

Jesus himself “rejoiced in the Holy Spirit” and praised the Father because these things had been revealed to the childlike.

There is a beautiful connection here. The disciples rejoice because they have accomplished something. Jesus rejoices because of what the Father gives.

The childlike person is able to receive. Such a person knows that everything begins with grace.

That is also the lesson of the disciples’ mission. Christian joy therefore begins with receiving before achieving.

Perhaps this is the invitation of today’s Gospel: when so many things around us can take away our peace, let us return to the deepest reason for our joy.

We should not rejoice simply because “Something good happened to me.”

This is the reason why St Paul said: “Rejoice always in the Lord; I say it again, rejoice." Philippian 4:4. God is not asking us to rejoice because of hardship, sickness, painful experience of losing a beloved one, etc. Instead, we rejoice because we worship a God with whom nothing is impossible.

We belong to God. He knows us. He loves us. And our names is written in heaven.

Let us pray:

Lord Jesus, thank you for calling us by name and sending us to be your disciples. Keep us from seeking our joy only in success, recognition, or what we are able to accomplish. Teach us to rejoice above all because we belong to you and our names are written in heaven.

Give us humble and childlike hearts, open to receive what the Father wishes to reveal. In moments of difficulty, disappointment, and uncertainty, remind us that our deepest joy is found in knowing you, loving you, and being loved by you.

May everything we do begin in you, be carried out in your name, and lead us back to you. Amen.

 


Thursday, September 17, 2026

Un Cœur Pardonné et la Liberté d’Aimer (Luc 7:36-50).

Partager un repas a toujours représenté bien plus que simplement manger ensemble. Dans de nombreuses cultures, c'est un signe de bienvenue, d'amitié et d'acceptation. C'était particulièrement vrai dans le monde de Jésus. Les invités s'installaient généralement allongés à table, les pieds écartés du plat. Offrir de l'eau pour se laver les pieds, saluer un invité d'un baiser ou lui proposer de l'huile étaient des marques d'hospitalité et de respect courantes.

C’est dans ce contexte que Luc nous raconte qu’un pharisien nommé Simon invita Jésus à manger chez lui.

Puis une personne inattendue entre en scène : « une femme de la ville, connue pour sa vie de pécheresse ». Luc ne précise pas la nature de son péché. Ce qui importe, c’est que sa réputation était notoire. Simon le sait, et la femme elle-même semble profondément consciente de sa vie passée.

Elle arrive, portant un flacon d'albâtre rempli d'onguent. Se tenant derrière Jésus, à ses pieds, elle se met à pleurer. Ses larmes tombent sur ses pieds. Elle les essuie avec ses cheveux, les embrasse à plusieurs reprises et les oint d'onguent.

Ces gestes peuvent nous paraître excessifs. Mais Jésus lui-même en explique le sens.

Il se tourne vers Simon et lui demande : « Vois-tu cette femme ? »

Cette question est importante. Simon l'a déjà observée, mais peut-être ne l'a-t-il pas vraiment vue . Il voit sa réputation. Il voit son passé. Il voit une personne qu'un homme saint devrait, selon lui, éviter. À ses yeux, elle a déjà été jugée et condamnée.

Mais Jésus voit autre chose : un cœur qui a rencontré la miséricorde.

Sa question résonne encore aujourd'hui : voyez-vous cette femme ? Notre regard sur autrui, surtout sur ceux dont nous désapprouvons la vie ou le passé, révèle souvent ce qui se passe au fond de nous. Ne voyons-nous que leurs échecs, ou sommes-nous encore capables de voir la personne qui se tient devant nous ?

Jésus oppose ensuite l'accueil réservé à Simon aux agissements de la femme : « Tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds, mais elle les a arrosés de ses larmes. Tu ne m'as pas embrassé, mais elle n'a cessé d'embrasser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfum. »

Jésus ne se contente pas de comparer les bonnes et les mauvaises manières, ni de condamner Simon. Il révèle ce qui se passe au fond de deux cœurs.

Les larmes de la femme expriment le repentir et la gratitude. Ses baisers témoignent d'affection et de respect. Le précieux onguent symbolise la générosité . Même le fait d'essuyer les pieds de Jésus avec ses cheveux suggère qu'elle ne se soucie plus de préserver sa dignité devant les témoins. Elle se présente devant Jésus sans artifice, sans excuses, telle qu'elle est.

Et Jésus appelle tout cela l'amour .

Mais il est essentiel de bien comprendre cet ordre. La femme n'achète pas le pardon par ses larmes, ses baisers ou son parfum. La courte parabole des deux débiteurs racontée par Jésus le démontre clairement. Aucun des deux ne pouvait rembourser sa dette, et le créancier leur a accordé son pardon à tous deux sans hésiter.

Alors Jésus demande : « Lequel d’entre eux l’aimera le plus ? »

La réponse est simple : celui à qui on a le plus pardonné.

L'amour de cette femme est donc le fruit de la miséricorde reçue. Ses gestes révèlent qu'un changement s'est déjà opéré en elle. Elle a pris conscience de la profondeur de son besoin et de la grandeur de la miséricorde qui lui a été offerte. Lorsque la grâce de Dieu entre dans une vie, le passé n'a plus le dernier mot.

Le problème de Simon est plus subtil. C'est assurément un homme religieux, respectable et d'une grande rigueur morale. Pourtant, il semble incapable de reconnaître son propre besoin de miséricorde. Et parce qu'il ne perçoit pas sa propre dette, il ne peut comprendre la gratitude de la femme.

C’est peut-être là le véritable défi pour nous.

Parfois, le plus grand obstacle pour faire l'expérience de la miséricorde de Dieu n'est pas simplement notre péché, mais la conviction que nous n'avons besoin que de très peu de miséricorde.

Jésus dit de cette femme : « Ses nombreux péchés lui ont été pardonnés ; c’est pourquoi elle a fait preuve d’un grand amour. »

L’Évangile nous invite donc à nous poser une question plus personnelle :

Suis-je pleinement conscient de la miséricorde que Dieu m'a témoignée ?

Lorsque nous prenons pleinement conscience de la patience et de la miséricorde dont Dieu a fait preuve à notre égard, la conversion devient une réponse reconnaissante à son amour. Nous jugeons moins hâtivement les autres. La gratitude remplace peu à peu la plainte. Notre amour devient moins calculé, car nous savons que nous vivons nous-mêmes par miséricorde.

Comme cette femme, nous découvrons que la miséricorde de Dieu ne nous emprisonne pas dans notre passé. Elle nous restaure, nous offre un nouveau départ et nous envoie d'avant, avec les paroles que Jésus prononce à la fin :

« Ta foi t’a sauvé ; va en paix. »

 


The Freedom to Love with a Forgiven Heart (Luke 7:36-50).

Sharing a meal has always meant more than simply eating together. In many cultures, it expresses welcome, friendship, and acceptance. This was especially true in the world of Jesus. Guests normally reclined at table, with their feet extending away from the food. Offering water for dusty feet, greeting a guest with a kiss, or providing oil were familiar signs of hospitality and respect.

It is within this setting that Luke tells us that a Pharisee named Simon invited Jesus to eat with him.

Then an unexpected person enters the scene: “a woman in the city, who was a sinner.” Luke does not tell us the nature of her sin. What matters is that her reputation was well known. Simon knows it, and the woman herself seems deeply conscious of the life she has lived.

She comes carrying an alabaster flask of ointment. Standing behind Jesus at his feet, she begins to weep. Her tears fall upon his feet. She wipes them with her hair, kisses them repeatedly, and anoints them with the ointment.

To us, these gestures may seem excessive. But Jesus himself explains their meaning.

He turns to Simon and asks: “Do you see this woman?”

That question is important. Simon has already looked at her, but perhaps he has not truly seen her. He sees her reputation. He sees her past. He sees someone whom, in his judgment, a holy man should avoid. In his mind, she has already been judged and condemned.

But Jesus sees something else: a heart that has encountered mercy.

His question also reaches us today: Do you see this woman? The way we look at others, especially those whose lives or pasts we disapprove of, often reveals something about what is happening within our own hearts. Do we see only their failures, or can we still see the person before us?

Jesus then contrasts Simon’s reception with the woman’s actions: “You did not give me water for my feet, but she has bathed them with her tears.” “You did not give me a kiss, but she has not ceased kissing my feet.” “You did not anoint my head with oil, but she has anointed my feet with ointment.”

Jesus is not simply comparing good and bad manners, nor is he merely condemning Simon. He is revealing what is happening inside two hearts.

The woman’s tears express repentance and gratitude. Her kisses express affection and reverence. The costly ointment expresses generosity. Even wiping Jesus’ feet with her hair suggests that she is no longer concerned about protecting her dignity before those watching her. She comes before Jesus without disguise, without excuses, just as she is.

And Jesus calls all of this love.

But we must understand the order carefully. The woman is not buying forgiveness with her tears, kisses, or perfume. Jesus’ short parable of the two debtors makes this clear. Neither debtor could repay what he owed, and the creditor freely forgave them both.

Then Jesus asks: “Which of them will love him more?”

The answer is simple: the one who has been forgiven more.

The woman’s love, therefore, is the fruit of mercy received. Her gestures reveal that something has already happened within her. She has recognized both the depth of her need and the greatness of the mercy offered to her. When God’s grace enters a life, the past no longer has the final word.

Simon’s difficulty is more subtle. He is certainly a religious man, respectable and morally serious. Yet he seems unable to recognize his own need for mercy. And because he does not see his own debt, he cannot understand the woman’s gratitude.

This may be the deeper challenge for us.

Sometimes the greatest obstacle to experiencing God’s mercy is not simply our sin, but the conviction that we need very little mercy at all.

Jesus says of the woman: “Her many sins have been forgiven; hence, she has shown great love.”

The Gospel therefore invites us to ask a more personal question:

How conscious am I of the mercy God has shown me?

When we truly recognize how patiently and mercifully God has dealt with us, conversion becomes a grateful response to his love. We judge others less quickly. Gratitude begins to replace complaint. Our love becomes less calculated, because we know that we ourselves live by mercy.

Like the woman, we discover that God’s mercy does not imprison us in our past. It restores us, gives us a new beginning, and sends us forward with the words Jesus speaks at the end:

“Your faith has saved you; go in peace.”

 

Thursday, July 23, 2026

REVENONS À LA SOURCE D’EAU VIVE Jérémie 2, 1-3.7-8.12-13 ; Matthieu 13, 10-17


La lecture du prophète Jérémie commence par un souvenir empreint de tendresse. Dieu se rappelle le premier amour de son peuple :

« Je me souviens de la fidélité de ta jeunesse, de ton amour de jeune épouse, lorsque tu me suivais au désert. »

Ces paroles révèlent le cœur d’un Dieu qui se souvient des débuts de sa relation avec les Israélites. Autrefois, Israël suivait Adonaï à travers le désert, un lieu d’incertitude où la survie dépendait entièrement de la conduite et de la providence de Dieu.

Il est vrai que le désert était éprouvant, mais le peuple vivait dans la proximité de Dieu. Il faisait confiance à Celui qui le guidait. Plus tard, Dieu le conduisit vers « une terre fertile », où il pouvait jouir de ses fruits et de ses bénédictions. Pourtant, la prospérité finit par lui faire oublier le Dieu qui l’avait libéré d’Égypte. Le peuple accueillit les dons, mais négligea peu à peu Celui qui les lui avait donnés.

Les prêtres ne posaient plus la question essentielle de la foi : « Où est le Seigneur ? » Ceux qui enseignaient la Loi cessèrent de Le connaître. Les dirigeants se révoltèrent contre Dieu, et les prophètes suivirent ce qui ne pouvait pas les sauver. Certains se laissèrent même séduire par l’esprit de Baal. Les structures religieuses continuèrent d’exister comme de simples formalités, mais la relation vivante avec Dieu s’était profondément affaiblie. Et ce compromis est inacceptable devant le Seigneur Dieu.

Ce danger menace encore les croyants aujourd’hui. Nous pouvons nous habituer aux bénédictions de Dieu tout en devenant moins attentifs à sa présence. Nous pouvons continuer à prier, à participer au culte et à remplir nos obligations religieuses, sans plus nous demander sincèrement : « Où est le Seigneur dans ma vie ? Que veut-il me dire ? Où me conduit-il ? »

Dieu décrit ensuite le péché de son peuple à travers une image saisissante :

« Ils m’ont abandonné, moi, la source d’eau vive, et ils se sont creusé des citernes, des citernes fissurées qui ne retiennent pas l’eau. »

Une source fait jaillir une eau fraîche et vive. Une citerne ne fait que conserver l’eau qui y a été recueillie, et une citerne fissurée est incapable de retenir même cette eau. Israël avait abandonné le Dieu vivant pour placer sa confiance dans les idoles, les alliances politiques avec des nations étrangères, les biens matériels de toutes sortes et la puissance humaine.

Nous pouvons faire de même chaque fois que nous attendons des réalités créées qu’elles étanchent la soif la plus profonde de notre cœur. Cela peut concerner notre quête de réussite, d’argent, de reconnaissance, de relations, de plaisir ou de contrôle. Toutes ces choses peuvent procurer un réconfort passager. Mais elles ne peuvent donner la paix, le sens et le renouvellement intérieur qui viennent de Dieu seul.

Cela ne signifie pas que ces réalités soient toujours mauvaises. Le problème commence lorsque nous leur demandons de devenir notre source de vie. Toute citerne fissurée finit par nous décevoir, parce qu’elle ne peut porter le poids de nos espérances les plus profondes.

L’Évangile nous aide à comprendre pourquoi certaines personnes accueillent la parole de Dieu, tandis que d’autres restent indifférentes. Jésus dit à ses disciples :

« Heureux vos yeux, parce qu’ils voient, et vos oreilles, parce qu’elles entendent. »

Les paraboles de Jésus révèlent les mystères du Royaume, mais elles exigent un cœur ouvert. Certains n’entendent qu’une histoire. D’autres reconnaissent que Dieu s’adresse directement à eux. La différence ne tient pas seulement à l’intelligence ou à l’instruction. Elle réside dans la volonté d’écouter, d’accueillir et de se laisser transformer.

Le cœur peut s’endurcir sous l’effet de l’orgueil, du péché répété, des distractions, du ressentiment ou de l’attachement excessif à ses propres opinions. Nous pouvons entendre les Écritures bien des fois sans leur permettre de remettre en question nos choix. Nous pouvons admirer la parole de Dieu sans lui obéir. Pensons à Hérode, qui aimait écouter Jean-Baptiste, mais refusait pourtant de se convertir.

Jésus nous appelle à bien plus qu’une simple écoute extérieure. Il nous demande l’écoute attentive du disciple. Une telle écoute permet à la Parole d’entrer dans le cœur, de dévoiler nos fausses sécurités et de nous ramener vers l’eau vive.

Peut-être avons-nous autrefois suivi Dieu avec davantage de confiance et d’enthousiasme. Peut-être notre prière est-elle devenue aride, notre foi routinière ou notre cœur partagé. Dieu ne nous rappelle pas notre premier amour simplement pour nous accuser. Il nous invite à revenir vers Lui, la source d’eau vive.

Abandonnons ensemble les citernes fissurées. Revenons à la source de vie. Posons de nouveau cette question : « Où est le Seigneur ? » Ouvrons nos yeux à sa présence et nos oreilles à sa parole. Le Dieu qui se souvient de notre premier amour est encore prêt à le renouveler aujourd’hui.

Prions

Seigneur, source d’eau vive, pardonne-moi d’avoir cherché la vie dans des réalités qui ne peuvent véritablement me combler. Ouvre mes yeux afin que je reconnaisse ta présence, et mes oreilles afin que j’accueille ta parole. Renouvelle en moi mon premier amour pour toi, libère mon cœur de ses fausses sécurités et apprends-moi à te suivre de nouveau avec confiance et fidélité. Amen.🙏🙏🙏

 


LET US RETURN TO THE FOUNTAIN OF LIVING WATER Jeremiah 2:1–3, 7–8, 12–13; Matthew 13:10–17

The reading from the prophet Jeremiah begins with a tender memory. God recalls the early love of His people:

“I remember the devotion of your youth, your love as a bride, how you followed me in the wilderness.”

These words reveal the heart of a God who remembers the beginning of His relationship with the Israelites. Israel once followed Adonai through the wilderness, a place of uncertainty where survival depended entirely on God’s guidance and providence.

It is true that the wilderness was difficult, but the people were close to God. They trusted the One who led them. Later, God brought them into “a plentiful land” where they could enjoy its fruits and blessings. Yet their prosperity produced forgetfulness of the God who brought them out of Egypt. They received the gifts but gradually neglected the Giver.

The priests no longer asked the vital question of faith, “Where is the Lord?” Those who taught the Law ceased to know Him. Their Leaders rebelled against God, and their prophets followed what could not save them. Some even allowed themselves to be deceived by the spirit of Baal.  Religious structures continued as formality, but the living relationship with God had been seriously weakened.

This danger still confronts believers today. We can become accustomed to God’s blessings while losing our attentiveness to His presence. We may continue praying, attending worship, and fulfilling religious obligations, yet no longer ask sincerely, “Where is the Lord in my life? What is He saying to me? Where is He leading me?”

God then describes the people’s sin through a striking image:

“They have forsaken me, the fountain of living water, and dug for themselves broken cisterns that can hold no water.”

A fountain gives fresh, flowing water. A cistern only stores what has been collected, and a broken cistern cannot preserve even that. Israel abandoned the living God and placed its trust in idols, political alliances with foreign nations, possessions of all sorts, and human power.

We may do the same whenever we expect created things to satisfy the deepest thirst of the heart. This ranges from our quest for achievement, money, recognition, relationships, pleasure, and control. All of these may offer temporary comfort. But they cannot give the peace, meaning, and inner renewal that come from God alone.

This does not mean that these things are always evil. The problem begins when we ask them to become our source of life. Every broken cistern eventually disappoints us because it cannot carry the weight of our deepest hopes.

The Gospel helps us understand why some people receive God’s word while others remain unmoved. Jesus tells His disciples:

“Blessed are your eyes, because they see, and your ears, because they hear.”

The parables of Jesus reveal the mysteries of the Kingdom, but they require an open heart. Some hear only a story. Others recognize God speaking directly to them. The difference is not merely intelligence or education. It is the willingness to listen, receive, and be changed.

A heart can become dull through pride, repeated sin, distraction, resentment, or attachment to its own opinions. We may hear the Scriptures many times without allowing them to question our choices. We may admire the word of God without obeying it. We can recall here Herod who loved listening to John the Baptist and yet refused to repent.

Jesus calls us to more than physical hearing. He asks for the attentive listening of a disciple. Such listening allows the word to enter the heart, expose false securities, and lead us back to the living water.

Perhaps you once followed God with greater trust and enthusiasm. Perhaps your prayer has become dry, your faith routine, or your heart divided. God does not remind you of your first love merely to accuse you. He invites you to return to Him the fountain of living water.

Let us together leave the broken cisterns.  Let us return to the fountain. Ask again, “Where is the Lord?” May we open our eyes to His presence and our ears to His word. The God who remembers our first love is still ready to renew it again today.

Prayer

Lord, fountain of living water, forgive me for seeking life in things that cannot truly satisfy. Open my eyes to recognize Your presence and my ears to receive Your word. Renew my first love for You, free my heart from false securities, and teach me to follow You again with trust and faithfulness. Amen.

 


Wednesday, July 22, 2026

Réflexion Spirituelle pour la Fête de Sainte Marie-Madeleine Inspirée de 2 Corinthiens 5, 14-17 et de Jean 20, 1-2.11-18

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, l’Église célèbre sainte Marie-Madeleine, une femme dont la vie fut transformée pour toujours par sa rencontre avec Jésus-Christ. Autrefois marquée par son passé, elle devint le premier témoin de la Résurrection et la première personne envoyée annoncer le Seigneur ressuscité à ses disciples. Son histoire nous rappelle que Dieu ne nous définit pas à partir de ce que nous avons été, mais à partir de ce que nous devenons par sa grâce.

Dans la deuxième lecture, saint Paul écrit : « L’amour du Christ nous saisit. » Ces paroles nous révèlent la source de toute vie chrétienne authentique. Nous ne suivons pas le Christ principalement par peur, par obligation ou par habitude. Nous le suivons parce que son amour nous a rejoints le premier, nous a guéris et nous a transformés. Cet amour nous donne une manière nouvelle de nous regarder nous-mêmes, de regarder les autres et de regarder le monde.

Saint Paul va plus loin encore lorsqu’il affirme : « Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle. » La création ancienne, blessée par la désobéissance d’Adam et Ève, est ainsi transformée dans le Christ et avec lui. Cette transformation suit la logique progressive du mystère de l’Incarnation. La réalité de la création nouvelle ne signifie pas que notre passé n’a jamais existé. Elle signifie plutôt que ce passé n’a plus le dernier mot. La miséricorde de Dieu est plus grande que nos échecs, et sa grâce est plus forte que nos blessures. Toute rencontre sincère avec le Christ ouvre la possibilité d’un nouveau commencement.

Marie-Madeleine est un exemple vivant de ces paroles.

L’Évangile commence dans l’obscurité. Elle se rend au tombeau alors qu’il fait encore sombre, portant en elle la douleur d’avoir perdu Celui qui lui avait redonné l’espérance. Elle a probablement passé toute la nuit à penser à Jésus et à sa mort. Lorsqu’elle découvre le tombeau vide, la confusion remplace ses certitudes et ses yeux se remplissent de larmes. Debout devant le tombeau, elle pleure, car elle pense que même le corps de Jésus a été emporté.

Combien de fois notre foi ressemble-t-elle à ce moment ! Il arrive que Dieu nous semble absent, que nos prières nous paraissent vides et que l’avenir soit profondément incertain. Nous cherchons des réponses, sans parvenir à reconnaître que le Seigneur est déjà tout proche.

Tout change dans la vie de Marie-Madeleine à travers un seul mot.

Jésus l’appelle par son nom : « Marie ! »

À cet instant, elle le reconnaît. Le Christ ressuscité ne commence pas par une longue explication ni par un discours théologique sur sa vie et sa Résurrection. Il commence par une rencontre personnelle. Il la connaît par son nom. Cette reconnaissance ranime son espérance, dissipe sa peur et remplit son cœur de joie.

Le Bon Pasteur continue d’appeler chacun de nous par son nom. Il connaît nos combats, nos déceptions et les blessures cachées que personne d’autre ne voit. Sa Résurrection n’est pas seulement un événement du passé. Elle est sa présence vivante, qui continue de venir à notre rencontre, surtout lorsque nous nous sentons perdus ou découragés. Cet Évangile nous interpelle donc et nous invite à apprendre à écouter la voix de Jésus dans la prière silencieuse, dans la méditation et dans la lecture de la Parole de Dieu.

Cependant, Jésus ne permet pas à Marie-Madeleine de rester auprès du tombeau. Il lui confie une mission : « Va trouver mes frères et dis-leur… » La femme qui était venue chercher le Christ mort repart en annonçant le Christ vivant. Sa rencontre devient une mission.

À l’époque de Jésus, pour qu’un témoignage soit considéré comme crédible, il fallait généralement au moins deux témoins. Or, voici qu’une femme, peu reconnue et peu considérée par la société de son temps, se voit confier une mission aussi importante. Cela nous montre que la Résurrection de Jésus porte du fruit dans la vie de ceux qui l’aiment et qui se laissent envoyer par lui.

Tel est le mouvement de toute vocation chrétienne. Nous rencontrons le Christ afin de pouvoir le faire connaître. La foi ne peut pas rester une consolation privée. Elle devient naturellement un témoignage à travers nos paroles, nos choix et nos actes de charité.

En célébrant la fête de sainte Marie-Madeleine, posons-nous quelques questions : Est-ce que je cherche encore chaque jour le Christ vivant, ou est-ce que je me contente d’une foi routinière ? Suis-je attentif au Seigneur qui m’appelle par mon nom ? Ma rencontre avec lui a-t-elle fait de moi une créature nouvelle, visible dans ma manière de pardonner, de servir et d’aimer les autres ?

Que sainte Marie-Madeleine nous apprenne à chercher le Christ avec persévérance, à reconnaître sa voix avec un cœur rempli de joie et à proclamer avec conviction, comme elle le fit au matin de Pâques : « J’ai vu le Seigneur ! » Que notre vie devienne, elle aussi, un témoignage joyeux de sa Résurrection !

Prions le Seigneur

Seigneur Jésus,

Tu as appelé Marie-Madeleine par son nom et tu as transformé sa tristesse en joie. Appelle-nous de nouveau aujourd’hui, surtout lorsque notre foi faiblit ou que notre cœur se décourage. Aide-nous à reconnaître ta voix, à mettre notre confiance dans ton amour qui ne déçoit jamais et à vivre comme des créatures nouvelles par la puissance de ta Résurrection.

Remplis-nous du courage nécessaire pour témoigner de toi dans notre vie quotidienne, afin que nos paroles et nos actes conduisent les autres à rencontrer ta miséricorde et l’espérance que tu donnes.

Par l’intercession de sainte Marie-Madeleine, accorde-nous la grâce de te chercher fidèlement, de te suivre de tout notre cœur et de nous réjouir un jour pour toujours en ta présence.

Amen.

 


Découvrir la Source plus Profonde de la Joie Chrétienne (Luc 10:17-24).

L’Évangile d’aujourd’hui commence par un bref récit du retour des disciples de leur mission. Auparavant, Jésus les avait envoyés en miss...