Thursday, November 5, 2026

Holy is the Lord (Utako - Abuja Sunday Morning Mass)


 

Perdus mais Jamais Oubliés (Luc 15:1-10).


L'Évangile d'aujourd'hui est profondément réconfortant. Il nous fait comprendre que Dieu ne nous abandonne pas, même lorsque nous avons perdu espoir. Parfois, nous avons du mal à saisir cette vérité. Pourtant, Jésus nous révèle aujourd'hui le visage d'un Dieu qui ne cesse de nous aimer parce que nous nous sommes égarés. Et lorsque nous revenons à lui, il ne nous accueille pas avec ressentiment, mais avec joie.

L’Évangile s’ouvre sur une scène saisissante. Des publicains et des pécheurs s’approchent de Jésus pour l’écouter. Mais les pharisiens et les scribes murmurent : « Cet homme accueille les pécheurs et mange avec eux. »

Ce que les pharisiens considéraient comme scandaleux révélait précisément la beauté de la mission de Jésus. Il accueillait ceux que la société avait rejetés. Il partageait sa table avec des personnes que d'autres jugeaient indignes de l'attention de Dieu.

Remarquez que Jésus n'approuvait pas leurs péchés. Il accueillait les pécheurs car il voulait les ramener à la raison. Il savait que les gens sont plus que leurs erreurs et que nul n'est hors de portée de la miséricorde divine.

Pour expliquer cela, Jésus raconte deux paraboles.

Dans le premier récit, un berger possède cent brebis et en perd une. Il abandonne les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la nature et part à la recherche de la brebis disparue jusqu'à ce qu'il la retrouve. Ce comportement est totalement contraire à la logique humaine, qui tendrait plutôt à protéger les 99 autres.

Réfléchissez à cette expression : « jusqu’à ce qu’il le trouve ».

Le berger ne se contente pas de chercher quelques minutes avant d'abandonner. Il ne conclut pas qu'une brebis est insignifiante comparée aux quatre-vingt-dix-neuf autres. Il continue à chercher parce que cette brebis compte pour lui.

Et lorsqu'il le trouve, il fait quelque chose de beau. Il le pose sur ses épaules et le ramène chez lui, tout joyeux.

Jésus décrit un berger ramenant chez lui les brebis perdues.

Voilà comment Dieu agit envers les pécheurs qui se laissent trouver. Sa miséricorde cherche à guérir et non à condamner. Depuis la chute d'Adam et Ève, Dieu n'a jamais cessé de rechercher chaque âme perdue. Il désire que tous ses enfants le connaissent et soient sauvés.

Parfois, nous imaginons Dieu comme quelqu'un qui compte sans cesse nos échecs, attendant une occasion de nous punir. Mais Jésus révèle un Père dont le plus grand désir est de ramener ses enfants auprès de lui.

La deuxième parabole raconte l'histoire d'une femme qui a perdu une de ses dix pièces d'argent. Elle allume une lampe, balaie la maison et cherche minutieusement jusqu'à la retrouver.

La pièce ne peut ni appeler ni retrouver son chemin. Pourtant, elle ne perd pas sa valeur simplement parce qu'elle est perdue.

Quel message puissant ! S'égarer ne signifie pas perdre sa valeur aux yeux de Dieu.

Mais il existe une autre dimension à ces paraboles qu'il ne faut pas négliger.

Jésus leur adresse ces paroles en réponse aux pharisiens qui s'indignent de sa fréquentation des pécheurs. Son interpellation s'adresse donc non seulement à ceux qui se sont égarés, mais aussi à ceux qui se croient justes.

Nous pouvons assister régulièrement à la messe, réciter nos prières et observer les pratiques religieuses, et pourtant devenir durs envers les personnes qui luttent contre le péché ou qui y sont tombées.

Nous pouvons être prompts à condamner le passé de quelqu'un, à discuter des échecs d'une autre personne ou à exclure ceux dont la vie ne correspond pas à nos attentes.

Mais Jésus nous invite à examiner nos cœurs : nous réjouissons-nous lorsqu’une personne revient à Dieu, ou ne cessons-nous de lui rappeler son passé ?

Nos communautés chrétiennes devraient être un lieu où les personnes blessées rencontrent la miséricorde, où ceux qui sont tombés trouvent l'encouragement pour se relever, et où personne ne se sent définitivement exclu de l'amour de Dieu.

Chers frères et sœurs, peut-être sommes-nous aujourd'hui la brebis égarée qu'il faut ramener à la maison. Ou peut-être faisons-nous partie des quatre-vingt-dix-neuf, appelés à partager la sollicitude du berger pour ceux qui sont portés disparus.

Quelle que soit notre situation, le message est clair : Dieu cherche, Dieu accueille et Dieu se réjouit lorsqu'un pécheur se repent.

Puissions-nous ne jamais avoir peur de revenir à Dieu, et puissions-nous ne jamais devenir des obstacles empêchant les autres de revenir à Lui.

Amen.

The God Who Never Gives Up on Us (Luke 15:1–10).


There is something deeply consoling about today's Gospel. It makes us understand that God does not give up on us, even when we have given up on ourselves. Sometimes we struggle to grasp this truth. Yet, Jesus reveals to us today the face of God who does not stop loving us because we have wandered away. And when we return, He does not receive us with resentment but with joy.

The Gospel begins with a striking scene. Tax collectors and sinners are drawing near to Jesus to listen to Him. But the Pharisees and scribes are complaining: “This man welcomes sinners and eats with them.”

What the Pharisees considered scandalous was precisely what revealed the beauty of Jesus' mission. He welcomed those whom the society had rejected. He shared a table with people whom others considered unworthy of God's attention.

Notice that Jesus did not approve of their sins. He welcomed sinners because He wanted to restore them. He knew that people are more than their mistakes and that no human being is beyond the reach of God's mercy.

To explain this, Jesus tells two parables.

In the first, a shepherd has one hundred sheep and loses one. He leaves the ninety-nine in the wilderness and searches for the missing sheep until he finds it. This is completely opposed to human logic what would rather protect the 99 sheep.

Think about that expression: “until he finds it.”

The shepherd does not search for a few minutes and then abandon the effort. He does not conclude that one sheep is insignificant compared with the ninety-nine. He goes looking because that one sheep matters to him.

And when he finds it, he does something beautiful. He places it on his shoulders and carries it home rejoicing.

Jesus describes a shepherd carrying home the lost sheep.

This is how God deals with the sinners who allows themselves to be found. His mercy seeks to heal and not to condemns. Since the fall of Adam and Eve, God has never ceased to search every lost soul. He wants all His children to know Him and be saved.

Sometimes, we imagine God as someone who is constantly counting our failures, waiting for an opportunity to punish us. But Jesus reveals a Father whose greatest desire is to bring His children home.

The second parable speaks of a woman who loses one of her ten silver coins. She lights a lamp, sweeps the house, and searches carefully until she finds it.

The coin cannot call out or find its way back. Yet, it has not lost its value simply because it is lost.

What a powerful message! Losing our way does not mean losing our worth in the eyes of God.

But there is another dimension to these parables that we must not overlook.

Jesus tells them in response to the Pharisees who complain about His association with sinners. The challenge is therefore directed not only to those who have wandered away but also to those who consider themselves righteous.

We can attend Mass regularly, say our prayers, and observe religious practices, yet become harsh towards people who struggle or have fallen into sin.

We may be quick to condemn someone's past, discuss another person's failures, or exclude those whose lives do not meet our expectations.

But Jesus invites us to examine our hearts: Do we rejoice when someone returns to God, or do we keep reminding them of their past?

Our Christian communities should be a place where wounded people encounter mercy, where those who have fallen find encouragement to rise again, and where nobody feels permanently excluded from God's love.

Dear brothers and sisters, perhaps today we are the lost sheep needing to be carried home. Or perhaps we are among the ninety-nine, being challenged to share the shepherd's concern for those who are missing.

Whatever our situation, the message is clear: God searches, God welcomes, and God rejoices when a sinner repents.

May we never be afraid to return to God, and may we never become obstacles preventing others from returning to Him.

Amen.


Saturday, October 3, 2026

Découvrir la Source plus Profonde de la Joie Chrétienne (Luc 10:17-24).

L’Évangile d’aujourd’hui commence par un bref récit du retour des disciples de leur mission.

Auparavant, Jésus les avait envoyés en mission avec des instructions précises. Il leur avait confié une mission et, par cette mission, il leur avait donné l'autorité. Ils devaient proclamer le Royaume de Dieu, guérir les malades et combattre le pouvoir du mal.

Ils reviennent alors à Jésus. Leurs cœurs débordent de joie. Ces deux moments méritent d'être soulignés : d'abord, ils sont envoyés par Jésus ; ensuite, ils retournent à Jésus.

Les disciples comprennent qu'ils ne se sont pas envoyés eux-mêmes . La mission n'était pas leur projet personnel ; c'était un don et une responsabilité qui leur avait été confiée. L'autorité qu'ils exerçaient ne venait pas d'eux non plus ; ils l'avaient reçue de Jésus. Et lorsque la mission est terminée, ils retournent auprès de celui qui les a envoyés et lui racontent ce qui s'est passé.

Cela nous enseigne déjà quelque chose sur le discipulat chrétien . Quelle que soit la mission que Dieu nous confie, que ce soit dans l'Église, dans notre famille, dans notre travail ou dans les circonstances ordinaires de la vie, nous sommes d'abord envoyés par lui. Et après notre travail, nos luttes, nos succès et nos échecs, nous devons apprendre à revenir à lui.

Mais qu'est-ce qui passionne particulièrement les disciples ?

Ils disent : « Seigneur, même les démons nous sont soumis à cause de ton Nom. »

Ils ont certainement prêché. Ils ont guéri les malades. Ils sont entrés dans les maisons et ont annoncé que le Royaume de Dieu était proche . Pourtant, ce qui semble les étonner le plus, c'est que même les démons se soient soumis à eux au nom de Jésus.

L’autorité au nom de Jésus : Pour les disciples, ce fut une découverte puissante : il y a de l’autorité dans le nom de Jésus.

Ils étaient partis non en leur propre nom, mais en son nom. Et ils ont découvert par expérience que le nom qu'ils proclamaient n'était pas un nom vide de sens. La puissance appartenait au Christ.

Jésus lui-même confirme qu'un événement important s'est produit. Il dit : « J'ai vu Satan tomber du ciel comme un éclair. » Leur mission était de participer à la victoire de Dieu sur le pouvoir du mal.

Véritable source de joie : Mais Jésus accomplit alors quelque chose de très important. Il redirige leur joie.

« Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. »

Jésus les conduit d'une bonne raison de se réjouir à une motivation plus profonde.

En méditant sur cet Évangile, nous pouvons nous demander : « Qu’est-ce qui nous procure une joie profonde ? »

Bien souvent, notre joie dépend de ce qui se passe autour de nous. Nous nous réjouissons lorsque notre travail est couronné de succès, lorsque l'on nous apprécie, lorsque nos projets se déroulent bien, lorsque nous accomplissons quelque chose d'important, lorsque nous sommes en bonne santé ou lorsque notre famille se porte bien.

Ce sont là de véritables raisons d'être reconnaissant et il ne faut pas les négliger. Il n'y a rien de mal à s'en réjouir.

Cependant, ils sont aussi fragiles et nous sommes facilement tristes lorsque nous les perdons.

Le bonheur artificiel est fragile : le succès peut se transformer en échec. La santé peut se dégrader. Ceux qui nous encensent aujourd’hui peuvent nous critiquer demain. Un projet dans lequel nous avons tant investi peut ne pas donner les résultats escomptés.

Nous vivons dans un monde où les mauvaises nouvelles abondent : guerres, violences, maladies, difficultés économiques, ruptures, incertitudes, souffrances et morts. Si notre joie ne dépend que des circonstances favorables, elle restera toujours fragile.

Jésus nous donne donc, à ses disciples et à nous, un fondement plus profond pour bâtir notre joie : « Réjouissez-vous, car vos noms sont écrits dans les cieux. »

Autrement dit, notre joie la plus profonde ne doit pas provenir essentiellement de ce que nous avons accompli, mais de ce que nous sommes devant Dieu.

Nous lui appartenons. Nous sommes connus par lui.

Il nous aime. Nous sommes ses enfants.

Aucun de ces éléments ne peut être mesuré par les succès ou les échecs humains.

Jésus lui-même « se réjouit dans l’Esprit Saint » et loua le Père parce que ces choses avaient été révélées à des êtres semblables à des enfants.

Il y a là un beau parallèle. Les disciples se réjouissent d'avoir accompli quelque chose. Jésus se réjouit de ce que le Père donne.

L'être humain à l'esprit d'enfant est capable de recevoir. Il sait que tout commence par la grâce.

C’est aussi la leçon de la mission des disciples. La joie chrétienne commence donc par recevoir avant d’obtenir.

Peut-être est-ce là l’invitation de l’Évangile d’aujourd’hui : alors que tant de choses autour de nous peuvent nous ravir notre paix, revenons à la raison la plus profonde de notre joie.

Nous ne devrions pas nous réjouir simplement parce que « quelque chose de bien m'est arrivé ».

C’est pourquoi saint Paul a dit : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur ; je le répète, réjouissez-vous ! » (Philippiens 4,4). Dieu ne nous demande pas de nous réjouir à cause des épreuves, de la maladie, de la douleur de perdre un être cher, etc. Nous nous réjouissons plutôt parce que nous adorons un Dieu pour qui rien n’est impossible.

Nous appartenons à Dieu. Il nous connaît. Il nous aime. Et nos noms sont inscrits dans les cieux.

Prions :

Seigneur Jésus, merci de nous avoir appelés par notre nom et de nous avoir envoyés pour être tes disciples. Préserve-nous de ne chercher notre joie que dans le succès, la reconnaissance ou nos propres accomplissements. Apprends-nous à nous réjouir par-dessus tout parce que nous t'appartenons et que nos noms sont inscrits dans les cieux.

Donne-nous un cœur humble et simple, ouvert à ce que le Père souhaite nous révéler. Dans les moments difficiles, les déceptions et les incertitudes, rappelle-nous que notre plus grande joie est de te connaître, de t'aimer et d'être aimés de toi.

Que tout ce que nous faisons prenne son origine en toi, soit accompli en ton nom et nous ramène à toi. Amen.

 


Discovering the Deeper Source of Christian Joy (Luke 10:17-24).

Today’s Gospel begins with a brief account of the disciples returning from their mission.

Earlier, Jesus had sent them out with specific instructions. He gave them a mission, and with that mission he gave them authority. They were to proclaim the Kingdom of God, heal the sick, and confront the power of evil.

Now they come back to Jesus. They hearts are filled with Joy. These two moments are worth noticing: first, they are sent by Jesus; then, they return to Jesus.

The disciples understand that they did not send themselves. The mission was not their personal project. It was a gift and a responsibility entrusted to them. The authority they exercised did not originate in them either. They received it from Jesus. And when the mission is over, they return to the one who sent them and tell him what happened.

That already teaches us something about Christian discipleship. Whatever mission God entrusts to us, whether in the Church, in our family, in our work, or in the ordinary circumstances of life, we are first sent by him. And after our work, our struggles, our successes and failures, we must learn to return to him.

But what particularly excites the disciples?

They say: “Lord, even the demons are subject to us because of your Name.”

They must certainly have preached. They healed the sick. They entered homes and announced that the Kingdom of God was near. Yet what seems to astonish them most is that even the demons submitted to them through the name of Jesus.

Authority in the name of Jesus: For the disciples, this was a powerful discovery: there is authority in the name of Jesus.

They had gone out not in their own name, but in his. And they discovered through experience that the name they proclaimed was not an empty name. The power belonged to Christ.

Jesus himself confirms that something important has happened. He says, “I have observed Satan fall like lightning from the sky.” Their mission was participating in God’s victory over the power of evil.

Real Source of Joy: But then Jesus does something very important. He redirects their joy.

“Do not rejoice because the spirits are subject to you, but rejoice because your names are written in heaven.”

Jesus leads them from a good reason for rejoicing to a deeper motivation.

Meditating on this Gospel, we can ask ourselves: “What gives us profound joy?

Very often our joy depends on what happens around us. We rejoice when our work succeeds, when people appreciate us, when our plans go well, when we achieve something important, when our health is good, or when our family is doing well.

These are real reasons for gratitude and should not be neglected. There is nothing wrong with rejoicing in them.

However, they are also fragile and when we easily become sad when we lose them.

Man-made joy is fragile: Success can become failure. Health can change. People who praise us today may criticize us tomorrow. A project in which we invested so much may not produce the result we expected.

And we live in a world where there is so much difficult news: war, violence, illness, economic hardship, broken relationships, uncertainty, suffering and death. If our joy depends only on favorable circumstances, it will always be vulnerable.

Jesus therefore gives his disciples and us something deeper on which to build their and our joy: “Rejoice because your names are written in heaven.”

In other words, our deepest joy must not come essentially from what we have accomplished, but from who we are before God.

We belong to him.

We are known by him.

We are loved by him.

We are his child.

None of these can be measured by human success or failures.

Jesus himself “rejoiced in the Holy Spirit” and praised the Father because these things had been revealed to the childlike.

There is a beautiful connection here. The disciples rejoice because they have accomplished something. Jesus rejoices because of what the Father gives.

The childlike person is able to receive. Such a person knows that everything begins with grace.

That is also the lesson of the disciples’ mission. Christian joy therefore begins with receiving before achieving.

Perhaps this is the invitation of today’s Gospel: when so many things around us can take away our peace, let us return to the deepest reason for our joy.

We should not rejoice simply because “Something good happened to me.”

This is the reason why St Paul said: “Rejoice always in the Lord; I say it again, rejoice." Philippian 4:4. God is not asking us to rejoice because of hardship, sickness, painful experience of losing a beloved one, etc. Instead, we rejoice because we worship a God with whom nothing is impossible.

We belong to God. He knows us. He loves us. And our names is written in heaven.

Let us pray:

Lord Jesus, thank you for calling us by name and sending us to be your disciples. Keep us from seeking our joy only in success, recognition, or what we are able to accomplish. Teach us to rejoice above all because we belong to you and our names are written in heaven.

Give us humble and childlike hearts, open to receive what the Father wishes to reveal. In moments of difficulty, disappointment, and uncertainty, remind us that our deepest joy is found in knowing you, loving you, and being loved by you.

May everything we do begin in you, be carried out in your name, and lead us back to you. Amen.

 


Thursday, September 17, 2026

Un Cœur Pardonné et la Liberté d’Aimer (Luc 7:36-50).

Partager un repas a toujours représenté bien plus que simplement manger ensemble. Dans de nombreuses cultures, c'est un signe de bienvenue, d'amitié et d'acceptation. C'était particulièrement vrai dans le monde de Jésus. Les invités s'installaient généralement allongés à table, les pieds écartés du plat. Offrir de l'eau pour se laver les pieds, saluer un invité d'un baiser ou lui proposer de l'huile étaient des marques d'hospitalité et de respect courantes.

C’est dans ce contexte que Luc nous raconte qu’un pharisien nommé Simon invita Jésus à manger chez lui.

Puis une personne inattendue entre en scène : « une femme de la ville, connue pour sa vie de pécheresse ». Luc ne précise pas la nature de son péché. Ce qui importe, c’est que sa réputation était notoire. Simon le sait, et la femme elle-même semble profondément consciente de sa vie passée.

Elle arrive, portant un flacon d'albâtre rempli d'onguent. Se tenant derrière Jésus, à ses pieds, elle se met à pleurer. Ses larmes tombent sur ses pieds. Elle les essuie avec ses cheveux, les embrasse à plusieurs reprises et les oint d'onguent.

Ces gestes peuvent nous paraître excessifs. Mais Jésus lui-même en explique le sens.

Il se tourne vers Simon et lui demande : « Vois-tu cette femme ? »

Cette question est importante. Simon l'a déjà observée, mais peut-être ne l'a-t-il pas vraiment vue . Il voit sa réputation. Il voit son passé. Il voit une personne qu'un homme saint devrait, selon lui, éviter. À ses yeux, elle a déjà été jugée et condamnée.

Mais Jésus voit autre chose : un cœur qui a rencontré la miséricorde.

Sa question résonne encore aujourd'hui : voyez-vous cette femme ? Notre regard sur autrui, surtout sur ceux dont nous désapprouvons la vie ou le passé, révèle souvent ce qui se passe au fond de nous. Ne voyons-nous que leurs échecs, ou sommes-nous encore capables de voir la personne qui se tient devant nous ?

Jésus oppose ensuite l'accueil réservé à Simon aux agissements de la femme : « Tu ne m'as pas donné d'eau pour me laver les pieds, mais elle les a arrosés de ses larmes. Tu ne m'as pas embrassé, mais elle n'a cessé d'embrasser mes pieds. Tu n'as pas oint ma tête d'huile, mais elle a oint mes pieds de parfum. »

Jésus ne se contente pas de comparer les bonnes et les mauvaises manières, ni de condamner Simon. Il révèle ce qui se passe au fond de deux cœurs.

Les larmes de la femme expriment le repentir et la gratitude. Ses baisers témoignent d'affection et de respect. Le précieux onguent symbolise la générosité . Même le fait d'essuyer les pieds de Jésus avec ses cheveux suggère qu'elle ne se soucie plus de préserver sa dignité devant les témoins. Elle se présente devant Jésus sans artifice, sans excuses, telle qu'elle est.

Et Jésus appelle tout cela l'amour .

Mais il est essentiel de bien comprendre cet ordre. La femme n'achète pas le pardon par ses larmes, ses baisers ou son parfum. La courte parabole des deux débiteurs racontée par Jésus le démontre clairement. Aucun des deux ne pouvait rembourser sa dette, et le créancier leur a accordé son pardon à tous deux sans hésiter.

Alors Jésus demande : « Lequel d’entre eux l’aimera le plus ? »

La réponse est simple : celui à qui on a le plus pardonné.

L'amour de cette femme est donc le fruit de la miséricorde reçue. Ses gestes révèlent qu'un changement s'est déjà opéré en elle. Elle a pris conscience de la profondeur de son besoin et de la grandeur de la miséricorde qui lui a été offerte. Lorsque la grâce de Dieu entre dans une vie, le passé n'a plus le dernier mot.

Le problème de Simon est plus subtil. C'est assurément un homme religieux, respectable et d'une grande rigueur morale. Pourtant, il semble incapable de reconnaître son propre besoin de miséricorde. Et parce qu'il ne perçoit pas sa propre dette, il ne peut comprendre la gratitude de la femme.

C’est peut-être là le véritable défi pour nous.

Parfois, le plus grand obstacle pour faire l'expérience de la miséricorde de Dieu n'est pas simplement notre péché, mais la conviction que nous n'avons besoin que de très peu de miséricorde.

Jésus dit de cette femme : « Ses nombreux péchés lui ont été pardonnés ; c’est pourquoi elle a fait preuve d’un grand amour. »

L’Évangile nous invite donc à nous poser une question plus personnelle :

Suis-je pleinement conscient de la miséricorde que Dieu m'a témoignée ?

Lorsque nous prenons pleinement conscience de la patience et de la miséricorde dont Dieu a fait preuve à notre égard, la conversion devient une réponse reconnaissante à son amour. Nous jugeons moins hâtivement les autres. La gratitude remplace peu à peu la plainte. Notre amour devient moins calculé, car nous savons que nous vivons nous-mêmes par miséricorde.

Comme cette femme, nous découvrons que la miséricorde de Dieu ne nous emprisonne pas dans notre passé. Elle nous restaure, nous offre un nouveau départ et nous envoie d'avant, avec les paroles que Jésus prononce à la fin :

« Ta foi t’a sauvé ; va en paix. »

 


The Freedom to Love with a Forgiven Heart (Luke 7:36-50).

Sharing a meal has always meant more than simply eating together. In many cultures, it expresses welcome, friendship, and acceptance. This was especially true in the world of Jesus. Guests normally reclined at table, with their feet extending away from the food. Offering water for dusty feet, greeting a guest with a kiss, or providing oil were familiar signs of hospitality and respect.

It is within this setting that Luke tells us that a Pharisee named Simon invited Jesus to eat with him.

Then an unexpected person enters the scene: “a woman in the city, who was a sinner.” Luke does not tell us the nature of her sin. What matters is that her reputation was well known. Simon knows it, and the woman herself seems deeply conscious of the life she has lived.

She comes carrying an alabaster flask of ointment. Standing behind Jesus at his feet, she begins to weep. Her tears fall upon his feet. She wipes them with her hair, kisses them repeatedly, and anoints them with the ointment.

To us, these gestures may seem excessive. But Jesus himself explains their meaning.

He turns to Simon and asks: “Do you see this woman?”

That question is important. Simon has already looked at her, but perhaps he has not truly seen her. He sees her reputation. He sees her past. He sees someone whom, in his judgment, a holy man should avoid. In his mind, she has already been judged and condemned.

But Jesus sees something else: a heart that has encountered mercy.

His question also reaches us today: Do you see this woman? The way we look at others, especially those whose lives or pasts we disapprove of, often reveals something about what is happening within our own hearts. Do we see only their failures, or can we still see the person before us?

Jesus then contrasts Simon’s reception with the woman’s actions: “You did not give me water for my feet, but she has bathed them with her tears.” “You did not give me a kiss, but she has not ceased kissing my feet.” “You did not anoint my head with oil, but she has anointed my feet with ointment.”

Jesus is not simply comparing good and bad manners, nor is he merely condemning Simon. He is revealing what is happening inside two hearts.

The woman’s tears express repentance and gratitude. Her kisses express affection and reverence. The costly ointment expresses generosity. Even wiping Jesus’ feet with her hair suggests that she is no longer concerned about protecting her dignity before those watching her. She comes before Jesus without disguise, without excuses, just as she is.

And Jesus calls all of this love.

But we must understand the order carefully. The woman is not buying forgiveness with her tears, kisses, or perfume. Jesus’ short parable of the two debtors makes this clear. Neither debtor could repay what he owed, and the creditor freely forgave them both.

Then Jesus asks: “Which of them will love him more?”

The answer is simple: the one who has been forgiven more.

The woman’s love, therefore, is the fruit of mercy received. Her gestures reveal that something has already happened within her. She has recognized both the depth of her need and the greatness of the mercy offered to her. When God’s grace enters a life, the past no longer has the final word.

Simon’s difficulty is more subtle. He is certainly a religious man, respectable and morally serious. Yet he seems unable to recognize his own need for mercy. And because he does not see his own debt, he cannot understand the woman’s gratitude.

This may be the deeper challenge for us.

Sometimes the greatest obstacle to experiencing God’s mercy is not simply our sin, but the conviction that we need very little mercy at all.

Jesus says of the woman: “Her many sins have been forgiven; hence, she has shown great love.”

The Gospel therefore invites us to ask a more personal question:

How conscious am I of the mercy God has shown me?

When we truly recognize how patiently and mercifully God has dealt with us, conversion becomes a grateful response to his love. We judge others less quickly. Gratitude begins to replace complaint. Our love becomes less calculated, because we know that we ourselves live by mercy.

Like the woman, we discover that God’s mercy does not imprison us in our past. It restores us, gives us a new beginning, and sends us forward with the words Jesus speaks at the end:

“Your faith has saved you; go in peace.”