Friday, February 13, 2026

Unis et Guéris par l'Amour de l'Alliance Divine. (1 Rois 11:29-32; 12:19. Marc 7, 31-37).

 

Chers frères et sœurs, les lectures bibliques d'aujourd'hui nous amènent à la raison profonde pour laquelle l'humanité continue de souffrir de division et de souffrance. Certes, nous vivons des moments de grâce et de présence divine. Mais nous constatons aussi que nos vies, personnelles et collectives, portent les marques des promesses non tenues et de l'infidélité à l'alliance divine. L'une des caractéristiques les plus étonnantes de la sagesse biblique est qu'elle ne cache pas les échecs de grandes figures comme David, Salomon et d'autres. Au contraire, leurs faiblesses sont relatées avec la franchise d'une confession. On pourrait se demander : « Pourquoi donc l'Écriture expose-t-elle si clairement leurs chutes ? » Je pense que c'est précisément pour nous montrer la constance de la miséricorde de Dieu et la nécessité de nous humilier devant lui.

Les conséquences de l'idolâtrie : Dans la première lecture, le prophète Ahija rencontre Jéroboam sur la route. Il déchire son manteau neuf en douze morceaux et en donne dix à Jéroboam. Ahija explique la signification de son geste. Salomon, qui avait jadis prié Dieu de lui accorder un cœur attentif pour rendre justice à ce peuple et discerner le bien du mal, avait laissé son cœur s'éloigner de Dieu. L'Écriture nous dit clairement que « ses femmes détournèrent son cœur vers d'autres dieux ».

Le défi de la persévérance : Salomon s’est éloigné de Dieu dans sa vieillesse. Son échec est riche d’enseignements. La persévérance dans notre alliance avec Dieu est essentielle. Nous pouvons être doués, voire spirituellement perspicaces, mais savoir utiliser ces dons selon la volonté de Dieu et persévérer sur le chemin de la droiture demeure un défi immense. Si même Salomon, l’homme le plus sage, a pu laisser son cœur se tourner vers l’idolâtrie, alors nous devons reconnaître que notre relation avec Dieu exige humilité et vigilance constante.

Comme le dit saint Thomas d'Aquin : « Puisque la grâce ne détruit pas la nature mais la perfectionne, il est nécessaire que la raison naturelle serve la foi, tout comme l'inclination naturelle de la volonté sert la charité. » [1]Ce que Dieu a élevé en Salomon, c'est une nature qui exigeait encore vigilance et discipline. La persévérance dans la foi n'est pas garantie par un commencement privilégié. La grâce divine peut nous élever et nous guérir, mais elle ne nous dispense pas de la nécessité de progresser dans des vertus solides. La sagesse, don divin, ne se mue pas automatiquement en prudence acquise, pas plus que l'élection divine n'annule l'érosion progressive qui résulte de compromis répétés avec notre foi . Les affections naturelles de Salomon se sont développées sans référence au Dieu de ses ancêtres.

Vivre en peuple d'alliance : Il est donc essentiel de se rappeler que nous sommes un peuple lié par une alliance avec Dieu . Lorsque les créatures de Dieu abandonnent son amour d'alliance, l'unité du peuple ne peut plus être maintenue. Notre monde souffre énormément des conséquences sociales des péchés individuels. Dieu utilise l'histoire de Salomon pour nous faire prendre conscience du prix de l'infidélité à son alliance et de l'urgence de revenir à lui, qui seul peut guérir nos blessures et nos divisions.

La grâce sans frontières : Dans l'Évangile, Jésus entre dans la Décapole. Ses habitants étaient considérés comme éloignés du culte de Dieu. La présence de Jésus dans cette région proclame que la miséricorde de Dieu est sans limites. « On lui amena un sourd qui parlait. » Jésus prend l'homme à l'écart, loin du bruit et de l'agitation, met ses doigts dans ses oreilles et touche sa langue avec sa propre salive. Puis il lève les yeux au ciel.

Le geste de lever les yeux au ciel revêt une grande importance dans cet Évangile . Jésus lève les yeux au ciel lors d'actes qui donnent la vie : avant la multiplication des pains, avant la résurrection de Lazare, etc. Il sait que sa puissance découle du lien d'amour éternel qui l'unit à Dieu le Père. Ainsi, il nous montre que tout acte de guérison commence par une soumission recueillie et priante à la volonté du Père.

Alors Jésus prononce un seul mot : Ephphatha ; « Ouvre-toi ! » Aussitôt, les oreilles de l’homme s’ouvrirent, son bégaiement disparut et il parla distinctement. Jésus pénètre nos failles humaines pour restaurer notre capacité même à vivre de nouveau en alliance ; il ouvre nos oreilles pour entendre à nouveau la voix de Dieu, nos langues pour dire la vérité, nos cœurs pour accueillir les uns les autres. Mais la question est : « Sommes-nous prêts à le laisser nous emmener loin de la foule, dans un lieu isolé où il parlera à notre cœur ? »



[1] Somme théologique I, q.1, a.8


No comments:

Post a Comment

Unis et Guéris par l'Amour de l'Alliance Divine. (1 Rois 11:29-32; 12:19. Marc 7, 31-37).

  Chers frères et sœurs, les lectures bibliques d'aujourd'hui nous amènent à la raison profonde pour laquelle l'humanité conti...