
Chers frères et
sœurs,
Aujourd’hui,
l’Église célèbre sainte Marie-Madeleine, une femme dont la vie fut transformée
pour toujours par sa rencontre avec Jésus-Christ. Autrefois marquée par son
passé, elle devint le premier témoin de la Résurrection et la première personne
envoyée annoncer le Seigneur ressuscité à ses disciples. Son histoire nous
rappelle que Dieu ne nous définit pas à partir de ce que nous avons été, mais à
partir de ce que nous devenons par sa grâce.
Dans la deuxième
lecture, saint Paul écrit : « L’amour du Christ nous saisit. »
Ces paroles nous révèlent la source de toute vie chrétienne authentique. Nous
ne suivons pas le Christ principalement par peur, par obligation ou par
habitude. Nous le suivons parce que son amour nous a rejoints le premier, nous
a guéris et nous a transformés. Cet amour nous donne une manière nouvelle de
nous regarder nous-mêmes, de regarder les autres et de regarder le monde.
Saint Paul va
plus loin encore lorsqu’il affirme : « Si quelqu’un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle. » La création ancienne, blessée par la
désobéissance d’Adam et Ève, est ainsi transformée dans le Christ et avec lui.
Cette transformation suit la logique progressive du mystère de l’Incarnation.
La réalité de la création nouvelle ne signifie pas que notre passé n’a jamais
existé. Elle signifie plutôt que ce passé n’a plus le dernier mot. La
miséricorde de Dieu est plus grande que nos échecs, et sa grâce est plus forte
que nos blessures. Toute rencontre sincère avec le Christ ouvre la possibilité
d’un nouveau commencement.
Marie-Madeleine
est un exemple vivant de ces paroles.
L’Évangile
commence dans l’obscurité. Elle se rend au tombeau alors qu’il fait encore
sombre, portant en elle la douleur d’avoir perdu Celui qui lui avait redonné
l’espérance. Elle a probablement passé toute la nuit à penser à Jésus et à sa
mort. Lorsqu’elle découvre le tombeau vide, la confusion remplace ses
certitudes et ses yeux se remplissent de larmes. Debout devant le tombeau, elle
pleure, car elle pense que même le corps de Jésus a été emporté.
Combien de fois
notre foi ressemble-t-elle à ce moment ! Il arrive que Dieu nous semble absent,
que nos prières nous paraissent vides et que l’avenir soit profondément
incertain. Nous cherchons des réponses, sans parvenir à reconnaître que le
Seigneur est déjà tout proche.
Tout change dans
la vie de Marie-Madeleine à travers un seul mot.
Jésus l’appelle
par son nom : « Marie ! »
À cet instant,
elle le reconnaît. Le Christ ressuscité ne commence pas par une longue
explication ni par un discours théologique sur sa vie et sa Résurrection. Il
commence par une rencontre personnelle. Il la connaît par son nom. Cette
reconnaissance ranime son espérance, dissipe sa peur et remplit son cœur de
joie.
Le Bon Pasteur
continue d’appeler chacun de nous par son nom. Il connaît nos combats, nos déceptions et les blessures cachées que
personne d’autre ne voit. Sa Résurrection n’est pas seulement un événement du
passé. Elle est sa présence vivante, qui continue de venir à notre rencontre,
surtout lorsque nous nous sentons perdus ou découragés. Cet Évangile nous
interpelle donc et nous invite à apprendre à écouter la voix de Jésus dans la
prière silencieuse, dans la méditation et dans la lecture de la Parole de Dieu.
Cependant, Jésus
ne permet pas à Marie-Madeleine de rester auprès du tombeau. Il lui confie une
mission : « Va trouver mes frères et dis-leur… » La femme qui était
venue chercher le Christ mort repart en annonçant le Christ vivant. Sa
rencontre devient une mission.
À l’époque de
Jésus, pour qu’un témoignage soit considéré comme crédible, il fallait
généralement au moins deux témoins. Or, voici qu’une femme, peu reconnue et peu
considérée par la société de son temps, se voit confier une mission aussi
importante. Cela nous montre que la Résurrection de Jésus porte du fruit dans
la vie de ceux qui l’aiment et qui se laissent envoyer par lui.
Tel est le
mouvement de toute vocation chrétienne. Nous rencontrons le Christ afin de
pouvoir le faire connaître. La foi ne peut pas rester une consolation privée.
Elle devient naturellement un témoignage à travers nos paroles, nos choix et
nos actes de charité.
En célébrant la
fête de sainte Marie-Madeleine, posons-nous quelques questions : Est-ce que
je cherche encore chaque jour le Christ vivant, ou est-ce que je me contente
d’une foi routinière ? Suis-je attentif au Seigneur qui m’appelle par mon nom ?
Ma rencontre avec lui a-t-elle fait de moi une créature nouvelle, visible dans
ma manière de pardonner, de servir et d’aimer les autres ?
Que sainte
Marie-Madeleine nous apprenne à chercher le Christ avec persévérance, à
reconnaître sa voix avec un cœur rempli de joie et à proclamer avec conviction,
comme elle le fit au matin de Pâques : « J’ai vu le Seigneur ! » Que notre vie
devienne, elle aussi, un témoignage joyeux de sa Résurrection !
Prions le
Seigneur
Seigneur Jésus,
Tu as appelé Marie-Madeleine par son nom et tu as
transformé sa tristesse en joie. Appelle-nous de nouveau aujourd’hui, surtout
lorsque notre foi faiblit ou que notre cœur se décourage. Aide-nous à
reconnaître ta voix, à mettre notre confiance dans ton amour qui ne déçoit
jamais et à vivre comme des créatures nouvelles par la puissance de ta
Résurrection.
Remplis-nous du courage nécessaire pour témoigner de
toi dans notre vie quotidienne, afin que nos paroles et nos actes conduisent
les autres à rencontrer ta miséricorde et l’espérance que tu donnes.
Par l’intercession de sainte Marie-Madeleine,
accorde-nous la grâce de te chercher fidèlement, de te suivre de tout notre
cœur et de nous réjouir un jour pour toujours en ta présence.
Amen.
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